Où tout le monde EST-il?
L’un de mes récents appels Zoom a commencé par quelqu’un qui demandait : « Où est tout le monde? »
Ce n’était pas une personne aux prises avec un problème technologique ou un pépin d’écran. Elle posait en fait une question beaucoup plus profonde.
Vous pourriez y voir une version modifiée de « Comment allez-vous tous? », ce que c’était probablement, mais en ces temps tumultueux, il s’agissait plutôt de savoir « où » chacun de nous en était dans ce parcours que nous vivons tous en ce moment.
Et ne vous y trompez pas : même si la plupart d’entre nous sommes confinés à la maison une bonne partie du temps, nous sommes tous engagés dans un parcours.
Avancer à tâtons dans le noir
La question « Où est tout le monde? » pourrait aussi être quelque chose que l’on se dit quand on s’aventure dehors ces temps-ci.
Il n’y a pas autant d’activité (de « faire ») à observer dehors, alors beaucoup de gens se concentrent maintenant davantage sur leur « être » plutôt que seulement sur leur « faire ».
Lorsque notre monde est ébranlé, nous avons naturellement tendance à nous tourner vers l’intérieur, à réfléchir et à prendre le temps de penser à ce qui est vraiment important pour nous.
Même la question de tout à l’heure, « Comment ALLEZ-vous? », est très différente de « Qu’est-ce que vous faites? »
Et même si nous ne sommes peut-être pas en voyage physique, beaucoup d’entre nous sont en route vers ce qui s’en vient, même si nous avançons à tâtons dans le noir, sans savoir ce qui nous attend au prochain tournant.
Qui voulez-vous ÊTRE?
À mesure que nous devenons un peu plus introspectifs, nous commençons parfois à réfléchir davantage à qui nous voulons être, au lieu de simplement à ce que nous allons faire.
C’est un peu plus une vision à long terme.
Pour moi, les choses que nous faisons, encore et encore, constituent une énorme partie de qui nous sommes, et surtout de qui nous devenons. Tout cela fait partie des habitudes que nous prenons et qui font de nous le genre de personne que nous sommes.
Comment voulez-vous qu’on se souvienne de vous?
Revenons maintenant aux sujets que nous traitons habituellement ici, les familles entrepreneuriales, et leurs défis lorsqu’elles tentent d’assurer la transition de leur patrimoine d’une génération à l’autre.
Il arrive un moment dans la vie des leaders d’entreprises familiales où ils commencent à réfléchir à la façon dont ils veulent qu’on se souvienne d’eux.
Espérons qu’ils amorcent cette démarche assez tôt dans le cours de leur vie pour pouvoir encore modifier leurs priorités.
Les crises actuelles (oui, crises, au pluriel, parce qu’il y en a plusieurs en cours, même si vous ne les avez pas encore distinguées dans votre tête) forcent peut-être les gens à réfléchir davantage à qui ils sont et à la façon dont ils veulent qu’on se souvienne d’eux.
Et c’est une bonne chose.
Les définitions de l’héritage varient
La façon dont on se souviendra de vous fait partie de votre héritage; en fait, certains diraient que c’est l’essence même de votre héritage, sa définition de base.
Il existe des variantes, bien sûr, et différentes versions de la définition de l’héritage trouvent plus ou moins d’écho chez les gens, selon une foule de facteurs.
J’ai toujours aimé cette version : « L’héritage, c’est ce que les gens ressentent quand ils entendent votre nom », même si je ne suis pas certain d’où je la tiens. Je viens de la taper dans Google pour voir si je pouvais trouver la source, et rien ne correspondait tout à fait.
Ma version a peut-être plus de sens si on ajoute « après votre départ », mais je préfère penser que l’héritage d’une personne n’a pas à attendre sa mort.
Je sais que « ce que les gens ressentent » à mon égard est aussi important pour moi de mon vivant!
La version de Maya Angelou
Une citation qui est ressortie de mes recherches dans Google est de Maya Angelou, et je pense qu’elle s’inscrit bien dans ma conclusion :
« J’ai appris que les gens oublieront ce que vous avez dit,
les gens oublieront ce que vous avez fait,
mais les gens n’oublieront jamais ce que vous leur avez fait ressentir. »
À une époque où il y a tant d’incertitude dans nos vies, je pense qu’il est logique pour bon nombre d’entre nous, surtout ceux qui sont dans la deuxième moitié de leur vie, de commencer à se tourner davantage vers ce genre de priorité.
Faire, être, ressentir
Travailler avec des membres de la famille devient généralement émotif, alors nos sentiments ne sont jamais bien loin.
Ce n’est pas forcément une mauvaise chose, si nous pouvons nous concentrer sur ce qui est important, et nous assurer de nous rappeler que ce que nous faisons et qui nous sommes influenceront toujours ces sentiments.

