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La théorie de Bowen : comment peut-elle aider les familles fortunées?

La théorie de Bowen : comment peut-elle aider les familles fortunées?

Introduction :
Steve Legler, auteur, coach et conseiller en héritage familial, s’est joint au balado de Tamarind Partners, « Family Office Focus », animé par Kirby Rosplock, Ph. D., pour discuter de son nouveau livre, Interdependent Wealth: How Family Systems Theory Illuminates Successful Intergenerational Wealth Transitions. Son livre explique comment l’effondrement de la communication au sein de la famille, le manque de préparation et une dynamique familiale déficiente empêchent davantage de familles de transmettre leur patrimoine et leurs intérêts d’affaires que n’importe quel problème d’affaires au sein de leurs sociétés en exploitation. Le livre de Legler aide les praticiens et les tacticiens à aborder les systèmes familiaux complexes et les dynamiques familiales qui entravent souvent la mise en œuvre de leurs plans de transfert du patrimoine et de relève d’entreprise.


Source : https://tamarindpartners.com/blog/bowen-theory-how-can-it-help-families-of-wealth


Écouter le balado




Transcription

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Bonjour, ici Kirby Rosplock de Tamarind Partners, et vous écoutez Family Office Focus. Et aujourd’hui, nous sommes avec Steve Legler, l’auteur d’Interdependent Wealth. Je suis donc ravie d’accueillir Steve aujourd’hui pour qu’il nous en dise un peu plus sur lui-même et beaucoup plus sur son nouveau livre. Steve.

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Eh bien, merci, Kirby, pour les bons mots que vous venez de prononcer, et aussi pour les bons mots que vous m’avez permis de mettre au dos du livre comme recommandation. Ça m’a beaucoup touché. Un peu à mon sujet : je suis établi à Montréal, au Canada, où je suis né et où j’ai toujours vécu. J’ai grandi dans une famille en affaires, comme fils unique de deuxième génération d’un entrepreneur immigrant, et on me préparait à prendre la relève d’une entreprise en exploitation. Au milieu de la vingtaine, nous avons connu un événement de liquidité inattendu, ce qui veut dire que tout à coup, plutôt que de diriger une entreprise familiale, on m’a confié les rênes d’un bureau familial (family office). Bien sûr, c’était au début des années 90. À l’époque, peu de gens savaient ce qu’était un bureau familial. Beaucoup de gens ne le savent toujours pas aujourd’hui. Grâce à d’excellents livres, les gens peuvent maintenant découvrir ce qu’est vraiment un bureau familial. Quand je suis arrivé dans ce domaine, il y a six ou sept ans, pour conseiller des familles, des entreprises familiales et des bureaux familiaux, j’ai commencé à entendre beaucoup dire que la théorie des systèmes familiaux de Bowen était quelque chose de vraiment utile à connaître et à comprendre pour les gens qui travaillent avec des familles sur la transition de leur patrimoine d’une génération à l’autre. Et à l’époque, je me suis dit : d’accord, c’est intéressant. J’ai entendu des gens parler de cette théorie de Bowen. Je vais essayer de trouver un livre qui m’expliquera ce qui, dans cette théorie, est utile pour les gens qui travaillent avec des familles. Pour faire une histoire courte, je n’ai pas trouvé le livre. Il y avait des livres sur la théorie de Bowen, mais ils ne s’adressaient pas aux gens qui travaillent avec des familles en affaires. Alors, au cours des deux années suivantes, j’ai décidé que j’allais écrire ce livre. Et au cours de la dernière année et un peu plus, je l’ai écrit; il est sorti en juin et s’intitule Interdependent Wealth. Et je serai heureux de répondre à toutes vos questions à son sujet.

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Pourquoi était-ce si important d’écrire un livre sur la théorie des systèmes familiaux? Pourquoi plus de gens doivent-ils comprendre cet aspect important et fondamental des systèmes familiaux, et pourquoi est-ce si essentiel pour comprendre comment les familles fonctionnent, leurs dynamiques, et comment cela influe sur leur fonctionnement et sur la façon dont les choses se passent dans l’entreprise familiale et dans les sociétés en exploitation qui ne pensent même pas au fait qu’elles appartiennent à une famille?

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Ça me rappelle une phrase que j’utilise souvent : les problèmes qui surviennent dans les entreprises familiales sont très rarement des problèmes d’affaires et très souvent des problèmes familiaux. Ainsi, l’endroit où les entreprises familiales et les bureaux familiaux ont souvent leurs plus grands défis, c’est ce que John Davis appellerait le cercle de la famille, et non le cercle de l’entreprise ou celui de la propriété. Et c’est un domaine qui m’intéressait beaucoup, ayant grandi dans une entreprise familiale et m’étant marié dans une autre. Murray Bowen était un psychiatre né au Kansas en 1913. Il a servi pendant la Seconde Guerre mondiale, et à son retour, il s’est rendu compte que beaucoup de gens avaient des problèmes de santé mentale dus, je suppose, au TSPT, même si on ne le savait pas à l’époque. En travaillant avec certaines de ces personnes de retour de la guerre, il s’est aperçu qu’il travaillait aussi avec des patients schizophrènes. Et sa théorie était que beaucoup des problèmes que les gens ont, et qu’on croirait situés entre leurs deux oreilles, se trouvent en fait dans leurs relations avec les autres. Le meilleur exemple que je puisse donner, c’est qu’il traitait des adolescents et de jeunes adultes schizophrènes. Et il a fini par se rendre compte qu’en s’occupant seulement des parents, il pouvait souvent constater une amélioration importante chez l’enfant. C’est ce qui a donné naissance à sa théorie des systèmes, selon laquelle on accorde plus d’importance au système, c’est-à-dire aux relations entre les diverses personnes, qu’à l’intérieur de la personne elle-même. Quand vous travaillez avec des familles qui travaillent ensemble, que ce soit pour gérer un bureau familial, gérer un patrimoine ou gérer une entreprise, ces relations sont fondées sur le fait que les gens sont nés dedans. Ce sont des relations très fortes qui finissent par influencer tout le reste dans le cercle de l’entreprise aussi. Et c’est là que les problèmes épineux surviennent habituellement. En fait,

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et particulièrement quand le patrimoine est d’une telle ampleur et que les systèmes d’exploitation et les entreprises sont susceptibles de survivre à plusieurs vies, n’est-ce pas? Ils vont donc survivre à la vie de quelqu’un et influencer les générations à venir. Alors maintenant, on pense à la façon dont le patrimoine interdépendant et la propriété vont se perpétuer encore et encore. Et la dynamique de ces relations se poursuit à travers, en fait, l’échange des entités, la propriété de ces entités et ce patrimoine. C’est donc très chargé, et je vois à quel point votre livre peut être pertinent et utile, particulièrement pour les techniciens qui ne connaissent peut-être rien à la psychologie, à la théorie des systèmes ou aux systèmes familiaux.

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Ce qui arrive à beaucoup de gens qui interagissent avec les familles, c’est qu’ils sont spécialistes d’une certaine tactique ou de certaines structures, puis ils sont confrontés aux relations familiales et ils figent parce qu’ils ne savent pas quoi faire. Ils sont dépassés. Alors, quand j’ai commencé à apprendre, parce que le livre que je cherchais n’existait pas, ce que j’ai fait à la place, c’est de m’inscrire à des programmes de formation sur la théorie des systèmes familiaux de Bowen. J’habite à Montréal; il y en avait un à Burlington, au Vermont, juste de l’autre côté de la frontière, à une heure et demie. J’y ai fait un travail préliminaire pendant quelques années. Puis je me suis dit : c’est vraiment bien, mais si je veux écrire ce livre, je dois aller à La Mecque de la théorie de Bowen. Le Bowen Center, fondé par Murray Bowen, est à l’Université Georgetown, à Washington, et ils ont un programme postdoctoral qui a été créé par Murray Bowen et qui existe encore aujourd’hui. Je me suis inscrit à ce programme pendant quelques années pour approfondir mes connaissances et pouvoir écrire un livre à partir d’une base de connaissances suffisante de la théorie, mais pas d’une base où je me considère comme un expert. Quand on parle aux gens dans les cercles de la théorie de Bowen, il y en a qui y sont depuis 20 ou 30 ans, alors je ne prétends pas qu’avec mes études et ma formation, je suis un expert. Mais une partie de l’importance d’écrire le livre maintenant, c’est que je comprends encore ce que la plupart des gens ne comprennent pas. Et l’une des choses que je pense bien faire avec mon blogue et mon autre livre, c’est que je peux parler de sujets complexes et expliquer les choses en termes assez simples. Et quant à la théorie de Bowen, les livres qui existent, on peut trouver des livres sur la théorie de Bowen, mais pour ce qui est de leur pertinence pour cet auditoire, pas tellement. Oui.

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Eh bien, dites-moi quelque chose qui vous a vraiment surpris pendant que vous écriviez le livre. Y a-t-il quelque chose que vous avez découvert ou appris auquel vous ne vous attendiez pas au départ?

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Vous savez, l’une des choses que j’ai comprises, c’est pourquoi personne n’avait encore écrit ce livre. J’ai découvert en cours de route, surtout quand j’étais à Georgetown, que le nombre de personnes là-bas qui essayaient d’apprendre la théorie de Bowen et qui étaient liées à ce domaine du patrimoine familial, je dirais peut-être 10, peut-être 15 %. La grande majorité des gens de Bowen, des praticiens de Bowen, des stagiaires de Bowen, ce sont soit des thérapeutes, soit des travailleurs sociaux, et beaucoup d’entre eux font partie du clergé. Ils s’occupent de familles et de différents problèmes, mais, comme vous y faisiez allusion il y a quelques minutes, Kirby, le patrimoine qui passe d’une génération à l’autre et dont on s’attend et espère qu’il continuera de traverser les générations ajoute un tout autre niveau de complexité que la plupart des travailleurs sociaux et des thérapeutes n’abordent pas, le fait que, vous savez, ils veulent garder ce patrimoine dans la famille. Il descend jusqu’aux petits-enfants, et même à des générations qui ne sont pas encore nées. Alors, ce que j’ai appris, c’est que c’est un domaine vraiment spécialisé, mais en même temps, il y a tellement d’aspects de la théorie de Bowen que je peux facilement repérer quand je rencontre une famille; il y a souvent des choses que je vais voir, grâce à ma formation Bowen, que je peux voir et comprendre parce que Murray Bowen était médecin. C’était un scientifique. Il essayait de faire de cette analyse du comportement humain une science.

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Pouvez-vous nous donner un exemple? Peut-être pouvez-vous nous donner l’exemple, disons, d’un nouveau client chez qui vous arrivez et que vous rencontrez pour la première fois? Par quoi commenceriez-vous, qui vous relie immédiatement à Bowen?

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celle que vous remarquerez le plus facilement. Et celle que j’ai le plus partagée avec les gens, c’est l’un des concepts de la théorie de Bowen, qui porte sur le rang dans la fratrie. Et il a en fait emprunté celui-là à un autre scientifique allemand. nommé Walter Walter Toman. Et il l’a tellement aimé qu’il l’a intégré à ses théories, mais mais le travail de Toman et le travail que Bowen a poursuivi là-dessus portaient entièrement sur la façon dont les différents rangs dans la fratrie, que ce soit le fils aîné ou le plus jeune, que nous connaissons tous par nos interactions, même juste dans d’autres familles, sans parler des familles en affaires, qu’il y a certains rôles que les gens adoptent dans ces familles qui sont qui sont assez prévisibles. Ils ne sont pas, vous savez, normatifs, mais on peut déjà commencer à comprendre beaucoup de choses sur la place des gens, sur ce qu’ils font et ce qu’ils disent, simplement en reconnaissant leur rang dans la fratrie. Et donc c’est probablement l’endroit le plus facile pour commencer à réfléchir à ce qu’on voit quand on entre dans une famille.

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C’est un excellent exemple. Et si vous pouviez simplement nous donner un petit aperçu de certains des principaux points à retenir ou de certains des faits saillants que, selon vous, vos lecteurs pourraient retirer de la lecture du livre, qui pourraient les inciter à aller se procurer leur exemplaire. Quels sont certains des principaux points à retenir ou faits saillants? Euh, eh bien, j’ai

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écrit le livre pour des praticiens, comme nous. Je l’ai aussi écrit pour les familles et, à la fin de chaque chapitre, je conclus chaque chapitre avec quelques réflexions pour les familles, pour les personnes motivées au sein d’une famille, que certains appelleraient les champions de la famille, et pour les conseillers des familles, alors il y a quelque chose là-dedans pour toutes ces personnes. Pour les conseillers, surtout, je pense que c’est que que toute la famille devrait être votre cliente. Et que si vous, vous savez, ne traitez qu’avec un patriarche ou une matriarche, vous passez à côté d’une grande partie du service que vous pourriez offrir à la famille. Donc le le client idéal, c’est toute la famille, parce qu’un jour les gens décèdent et ensuite les choses passent à une autre génération de prise de décision. Et si vous n’avez pas déjà établi ces relations, il y a de fortes chances que vous perdiez ce client. L’autre chose qui est mon grand message à retenir, c’est qu’en général, la plupart des gens pensent selon des horizons temporels beaucoup trop courts. Et si vous commencez à regarder des horizons temporels plus longs, et que vous pouvez voir que cet enfant adolescent de votre client finira par avoir 30 ans et finira par avoir 50 ans, et que vous essayez de regarder l’arc de toutes les vies des gens, vous pourrez voir des choses que vous ne voyez pas si vous regardez seulement sur une base trimestrielle ou annuelle.

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Enfin, Steve, laissez-nous peut-être avec l’un des passages de votre livre que vous préférez avant que nous

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terminions. Oui, quelqu’un m’a dit de ne pas lire celui-là et c’est donc celui-là que je vais lire. Parfait. Et il s’accorde bien avec ce dont nous parlions à l’instant, l’horizon temporel et toute la famille. Et j’y parle de quand quand vous avez un bébé, un nouveau-né, il est facile de penser à ce nourrisson dans vos bras le jour de sa naissance et de continuer à sentir que vous devez le tenir comme ça. Quand vous changez la couche de votre bébé. Si vous faites avancer le temps dans votre tête jusqu’au jour où c’est peut-être vous qui porterez des couches et que cet enfant, ou quelqu’un qu’il aura embauché, changera vos couches. Vous verrez peut-être les choses autrement. C’est le premier indice de ce que le mot interdépendance signifie pour moi. Et cela a à voir avec l’horizon temporel que nous utilisons pour regarder la vie. Et donc l’interdépendance, c’est reconnaître que dans votre famille, vous êtes né nouveau-né et que vous vous êtes élevé jusqu’à une certaine position où vous êtes peut-être maintenant au sommet. Vous n’y resterez pas éternellement. Un jour, quelqu’un d’autre sera au sommet et, espérons-le, vous serez quelque part où on prendra encore soin de vous. Et si vous regardez votre vie sous cet angle, vous êtes plus susceptible de traiter vos enfants d’une manière qui reconnaît que vous voulez qu’ils vous traitent bien, plus tard. Il y a une sorte de cycle de la vie qui se joue ici. Et c’est le système familial qui tient tout cela ensemble. Et c’est pourquoi je pense qu’il est important que les gens qui travaillent avec les familles comprennent certains de ces petits détails mieux qu’ils ne le font.

Cette transcription a été générée par https://otter.ai

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