Family business and legacy adviser

19 : Le mythe de l’entreprise familiale et le voyage du héros

19 : Le mythe de l’entreprise familiale et le voyage du héros

Introduction

Bienvenue à Let’s Talk Family Enterprise, un balado qui explore les idées, les concepts et les modèles les plus utiles aux Family Enterprise Advisors (FEA) pour accompagner leurs clients.

Les points de vue, les renseignements et les opinions exprimés dans ce balado sont uniquement ceux des personnes concernées et ne représentent pas nécessairement ceux de Family Enterprise Exchange ou de ses employés.

Description

L’animateur invité Steve Legler s’entretient avec Guillermo Salazar, fondateur et directeur général d’Exaudi Family Business Consulting, pour explorer le mythe de l’entreprise familiale, le voyage du héros et l’importance du récit dans le travail auprès des entreprises familiales.

Ils discutent de l’importance d’un récit familial autour de l’histoire de l’entreprise familiale comme moyen d’amorcer la création d’une vision cohérente et commune pour les générations qui mèneront la famille vers l’avenir, en s’attardant particulièrement sur la façon dont les FEA peuvent être des catalyseurs de ce type de conversations avec leurs clients.

Biographie de l’invité

À titre de fondateur et directeur général d’Exaudi Family Business Consulting, Guillermo a aidé de nombreuses familles en affaires dans les différents processus menant à la transition de leur héritage, en intégrant les nouvelles générations et en mettant en œuvre des méthodologies qui créent des entreprises durables et qui alignent la vision de la famille et ses valeurs. Depuis plus de 18 ans, il guide des familles en affaires d’Amérique latine, d’Europe et des États-Unis dans la conception de protocoles familiaux, les processus de professionnalisation, la prise de décision efficace et la résolution de conflits, à l’aide de modèles et de méthodologies éprouvés.

Pour en savoir plus sur Guillermo Salazar, cliquez ici.

Pour en savoir plus : https://familyenterpriseadvisors.libsyn.com/19-the-family-business-myth-and-the-heros-journey


Transcription

Intervenant 1 (00:03) :
Let’s Talk Family Enterprise explore des idées, des concepts et des modèles du monde entier qui aident les conseillers en entreprise familiale à mieux servir leurs clients familiaux. Une présentation de Family Enterprise Exchange. Les points de vue, les renseignements et les opinions exprimés dans ce balado sont uniquement ceux des personnes concernées et ne représentent pas nécessairement ceux de Family Enterprise Exchange ou de ses employés. Bonjour, et bienvenue

Intervenant 2 (00:31) :
À un autre épisode du balado Let’s Talk Family Enterprise. Je m’appelle Steve Legler. Je suis ravi d’être encore une fois votre animateur invité. Aujourd’hui, nous allons parler des mythes de l’entreprise familiale et du voyage du héros, et de la façon dont nous pouvons apprendre à nous en servir pour mieux comprendre nos clients en entreprise familiale. Notre invité aujourd’hui est Guillermo Salazar, qui a écrit sur ce sujet pour la FFI Practitioner et qui est passionné par cette façon d’aborder tant de situations d’entreprise familiale. Guillermo est le fondateur et directeur général de [inaudible] (inaudible) family business consulting à Houston, au Texas. Je connais Guillermo depuis quelques années par l’entremise du Family Firm Institute. En préparant ce balado, je suis allé consulter son profil LinkedIn. J’ai remarqué que nous avons plus de 500 relations en commun. Wow. On nage sans doute dans la même communauté mondiale de l’entreprise familiale. Nous avons beaucoup de terrain à couvrir aujourd’hui. Alors, disons bonjour à Guillermo et commençons. Guillermo, merci d’être avec nous aujourd’hui et bienvenue au balado Let’s Talk Family Enterprise.

Intervenant 3 (01:32) :
Merci beaucoup, Steve, pour cette invitation. Je suis très heureux d’être ici.

Intervenant 2 (01:37) :
Eh bien, je suis content que vous ayez pu vous joindre à nous, parce que votre, votre sujet est, est intrigant pour moi : les mythes et le voyage du héros, ça semble vraiment captivant pour les leaders d’entreprises familiales, avec toute la façon dont ça se rattache au récit. Alors comment, pourquoi est-ce si important pour les familles en affaires?

Intervenant 3 (01:57) :
Oui, c’est très important. Euh, et tout ça est lié à la façon dont nous, les êtres humains, pensons et ressentons notre réalité et notre, euh, notre identité en tant qu’êtres humains. Alors, euh, l’importance du mythe, c’est quelque chose que, euh, l’un des premiers, euh, spécialistes de, de cette, de cette question, qui était Antonio Fereda, de Palo Alto, a été le premier à formuler : il existe un mythe familial. Et il l’a défini comme un outil pratique permettant aux familles de maintenir le, euh, mécanisme de cohésion du groupe familial. Le mythe est donc une convention installée dans l’inconscient de chacun dans la famille, de chaque individu : il y a des choses qui sont acceptées, et il n’y a pas moyen d’en, euh, euh, euh, discuter, de discuter des, des preuves, ou malgré les preuves, tout ce qu’ils pourraient identifier, euh, comme une vérité. Et c’est ainsi que les familles restent unies et protègent le système de la menace de désintégration ou du chaos. C’est donc très important parce que, euh, c’est ce qui empêche la famille de se faire du tort à elle-même. Voilà l’importance, voilà le niveau d’importance d’un mythe.

Intervenant 2 (03:32) :
OK. Alors laissez-moi, laissez-moi revenir un peu en arrière. Le sujet général ici, ce sont les entreprises familiales qui traversent les générations, et c’est en partie, c’est, ça parle, vous parlez de la façon dont le récit, les manières de raconter et l’importance de, de faire ressortir l’histoire sont un élément important pour garder les familles unies au fil des générations. Est-ce que j’ai bien compris?

Intervenant 3 (03:56) :
C’est tout à fait ça. Et si nous utilisons le mythe de la bonne façon, euh, nous obtiendrons un meilleur effet sur les générations suivantes pour qu’elles acquièrent l’esprit entrepreneurial. C’est donc la partie la plus importante du mythe dans les entreprises familiales. OK.

Intervenant 2 (04:15) :
Alors, je, j’, j’adore cette, cette expression, le voyage du héros, parce que, vous savez, souvent, quand on parle à une famille entrepreneuriale, il y a typiquement un patriarche, ou parfois une matriarche, qui est en quelque sorte le héros et qui se voit comme le héros. Et puis souvent, quand on arrive à une autre génération, il semble qu’il n’y ait peut-être pas de héros. Alors comment le héros fait-il la transition? Comment l’idée d’un héros traverse-t-elle l’arc du récit de l’entreprise familiale pour qu’elle se poursuive, garde la famille unie et la fasse avancer à la génération suivante?

Intervenant 3 (04:52) :
Oui. Euh, mais je dois, je dois mentionner que le, euh, le bon usage de ce mythe du héros dans une entreprise familiale, c’est ce que nous recherchons quand nous parlons des héros, de l’armée, euh, euh, ce que, euh, quand, quand je parle du bon usage, c’est parce que nous avons la structure du récit, de la narration de ce héros, euh, qui est encore, qui est, qui est centrée sur la bonne façon de raconter l’histoire. Si nous, nous, euh, nous essayons de, euh, mettre l’accent d’une façon qui, euh, présente le héros comme quelque chose d’inatteignable pour la génération suivante, si, si c’est quelque chose de pratiquement impossible à imiter, alors nous aurons leur, leur, euh, l’effet que nous ne recherchons pas. Et, et, et donc la façon de comprendre, et d’apprendre comment raconter de nouveau l’histoire et comment utiliser la structure, le voyage du héros, est une grande clé pour créer cet effet chez les générations suivantes.

Intervenant 2 (06:04) :
OK. Alors vous parlez de raconter l’histoire d’une façon qui ne présente pas une génération comme ayant atteint certains sommets que personne ne pourrait jamais atteindre de nouveau, et qui la démoralise, d’une certaine façon, mais de raconter l’histoire d’une façon où un héros, l’idée du héros, se renouvelle à chaque génération.

Intervenant 3 (06:26) :
Absolument. Oui. Et chacun, chacun dans une famille, euh, peut reconnaître le héros, la figure du héros, parce que le voyage du héros est un schéma, c’est une, c’est une structure, c’est un, c’est un, euh, archétype qui, qui agit dans l’inconscient de chacun. C’est donc très facile, une fois que vous avez l’histoire devant vous, de reconnaître tous les, tous les éléments qui s’agencent de façon à ce que vous, euh, euh, euh, vous, euh, intégriez ce concept dans votre inconscient, que vous vous identifiiez à cette idée et que vous fassiez partie de cette idée. C’est donc un, un outil très puissant pour, euh, créer une identité dans le système familial et inspirer les générations suivantes à se lancer, à faire partie de cette histoire et à, et à créer un sentiment d’appartenance, euh, à, à, à, à cette part importante de, euh, de ce que notre entreprise familiale pourrait inspirer au reste de la société.

Intervenant 2 (07:39) :
OK. Permettez-moi de situer ce balado : le public principal de ce balado, c’est la, la communauté des FEA, c’est-à-dire les Family Enterprise Advisors, qui sont plusieurs centaines, euh, surtout partout au Canada, mais qui ont, qui travaillent avec des familles en affaires, euh, à divers titres, et qui cherchent toujours des façons d’apporter de la valeur, de servir nos clients et d’être des ressources pour ces clients en entreprise familiale. Alors j’essaie de voir s’il y a une façon pour nous, comme conseillers, quand on arrive dans une famille, une famille qui ne le fait peut-être pas d’elle-même, mais ça pourrait être quelque chose qu’on lui présente comme quelque chose qu’elle pourrait faire. Est-ce, est-ce qu’il y a une façon pour nous d’utiliser notre lien avec une famille pour l’aider à entreprendre ce genre de voyage important?

Intervenant 3 (08:30) :
Oui, absolument. Absolument. Je veux dire, il y a un lien entre le mythe du héros et le modèle de l’entrepreneur comme moteur de changement dans le système culturel. Alors si nous suivons, euh, ce que dit l’expert du récit de ce modèle du voyage du héros, il y a une carte. Il y a un itinéraire pour raconter l’histoire de la bonne façon. Ce que je dis, c’est que si nous suivons ce que Joseph Campbell a dit dans son livre, euh, le voyage du héros, Le héros aux mille et un visages, qui est le principal, je dirais que c’est le livre le plus important qui a influencé la, la philosophie et la façon de voir la vie au, au cours du XXe siècle, si nous suivons ce chemin, qui est un chemin à trois étapes et 17 phases, nous verrons qu’il existe une bonne et juste façon de raconter l’histoire du héros, et la façon dont vous ré, euh, réécrivez ou re, racontez de nouveau l’histoire en suivant chaque étape nous aidera, euh, comme conseillers, à aider nos clients à voir ce qu’ils ont dans leur, euh, histoire. Euh, et, et c’est une façon de reconstruire le récit qu’ils partagent. Si, si nous les aidons à redécouvrir ce qu’ils savent déjà, c’est quelque chose qui les aidera absolument à comprendre ce qu’ils doivent faire pour changer tout ce qu’ils ont besoin de changer.

Intervenant 2 (10:05) :

D’accord. Je pense, je pense que je commence enfin à comprendre, c’est c’est, c’est une, c’est une idée qui consiste à reprendre des façons de raconter des histoires historiquement importantes, qui existent depuis des centaines d’années, et que que beaucoup de films hollywoodiens suivent de la même façon, c’est un peu comme une formule qui permet de bien raconter des histoires. Et si on peut en quelque sorte aider nos clients en entreprise familiale à comprendre cette formule pour raconter leur propre histoire, elle peut être plus captivante, elle peut rallier plus de gens, et plus de gens peuvent comprendre, adhérer, se sentir partie prenante de la famille et comprendre comment l’histoire peut se poursuivre avec leur génération. Est-ce que j’ai saisi un peu de tout ça? D’accord.

Intervenant 3 (10:49) :
Oui, c’est exactement. C’est exactement la façon de le dire. Euh, et, et encore une fois, je, je veux, veux, veux revenir à cette idée de, de, de, euh, tirer parti du, du travail de Joseph Campbell, quand il a publié Le héros aux mille et un visages, il, parce qu’il a vraiment révolutionné, révolutionné la, comment on comprend l’histoire. Il combine tous ces éléments psychologiques, euh, et, et ces éléments reposent sur le travail de Carl Jong, euh, Jung, euh, il a vraiment découvert comment les symboles et les archétypes fonctionnent dans notre inconscient. Alors une fois qu’on assemble toutes ces pièces, on peut cerner tout ce que tout ce qu’il faut comprendre pour construire, euh, euh, un récit cohérent, euh, dans notre propre identité, comme partie de, donc tout ce qui touche aux passages religieux, aux légendes, aux contes du monde entier, tout fonctionne de la même façon. C’est la façon dont on comprend ce qui ce qui nous entoure comme partie de notre réalité.

Intervenant 2 (12:05) :
Donc, donc Joseph Campbell a étudié toutes ces histoires à travers l’histoire et s’est rendu compte qu’elles suivent un certain schéma. Puis il a essayé de trouver une façon de l’expliquer, de, de le décomposer pour que les gens puissent l’utiliser. Et ce que vous dites au sujet des familles en affaires, c’est que si on peut faire entrer l’histoire de la famille dans cette formule, qui est déjà dans l’inconscient des gens, on la met sous une, euh, sous une forme où elle est, elle est mieux partagée et mieux retenue, et où elle peut ensuite se poursuivre. Et donc, donc il y a une sorte de progression que toutes ces histoires suivent, c’est bien ça?

Intervenant 3 (12:41) :
Oui. Et pas seulement ça, si, si on fait ça avec une famille, comme je, comme je l’ai mentionné, il y a, il y a trois étapes, en, en différentes phases. Et chaque étape a une signification dans le récit. On peut trouver des choses qui manquent dans son histoire. Je pense qu’en travaillant avec des familles, quand j’ai appliqué cette formule, elles ont découvert que, eh, on n’a pas fait ça. On n’a pas fait cette étape du héros. On, on n’a pas reconnu dans notre mythe celle-là en particulier, et il nous manque celle-là. Et parfois, comme les mythes sont dynamiques, si on raconte à nouveau l’histoire et qu’on a l’occasion d’y inclure cette étape précise qui manque, tout commence à prendre son sens dans sa propre identité. C’est très puissant.
Intervenant 2 (13:34) :
D’accord. Donc vous parlez maintenant de travailler avec une famille et de lui demander de raconter son histoire, puis de remarquer peut-être où elle ne correspond pas à ce que vous voyez comme le récit typique. Et vous pouvez leur poser des questions : bon, et ceci? Et cela? Et alors ils vont, ils vont, ils vont se rappeler : ah oui, c’est ce que je voulais dire. Untel, mais ils, c’est peut-être quelque chose qu’ils avaient complètement oublié, mais c’est parce que vous êtes là pour en quelque sorte leur montrer où ça s’insère dans la formule. Ça recrée en quelque sorte de l’énergie autour d’une partie qui avait été oubliée et ça la remet davantage en lumière.

Intervenant 3 (14:11) :
Oui. Je vais vous donner un exemple. Euh, donc d’abord, le, le, le voyage du héros, le concept du monomythe, comme je l’ai mentionné, ces trois étapes comprennent la première, qui est, euh, la séparation d’avec le monde ordinaire. Ensuite, le héros passe par, euh, euh, la pénétration vers une sorte de source de pouvoir, de puissance, le monde magique, et ensuite il doit revenir. Et quand on compare ce voyage avec la vie de l’entrepreneur, on va voir, et, euh, il y a un livre de Sonnenfeld, euh, The Hero’s Farewell. Il, il parle de, euh, comment comment se déroule le processus de retraite des entrepreneurs. On va voir que ce retour, qui correspond à la phase de retraite de l’entrepreneur, est le plus difficile de tous, de tous les héros. Chaque fois qu’ils doivent décider de retourner au monde ordinaire, ils refusent d’y retourner. Ils veulent continuer à être des héros.

Intervenant 3 (15:13) :
Alors il y a certaines conditions que le héros pose pour, pour, euh, pour retourner au monde ordinaire. La première, c’est qu’il a besoin d’être reconnu. D’une façon ou d’une autre, il a besoin d’une médaille. Il a besoin d’une reconnaissance, d’un trophée, de quelque chose qui dit : c’est toi l’élu. Et l’autre, c’est qu’il a besoin de laisser un héritage; d’une façon ou d’une autre, il doit y avoir un document ou une documentation ou, ou une trace de ça. Ce que j’ai fait, c’était quelque chose de bon pour ma famille, pour ma société. Alors si on n’a pas ces éléments, il sera très difficile pour le héros de revenir, de prendre sa retraite. Et s’il manque ces pièces et que le héros ne veut pas revenir, il va dev. Il va devenir, euh, en, en quelque chose de différent, qui est, euh, euh, un tyran. Euh, chaque fois qu’on voit ces, ces, euh, euh, fondateurs qui, qui refusent de, de, de prendre leur retraite, ils, ils, ils, ils deviennent les tyrans du système. Alors c’est quelque chose qu’on veut éviter, euh, euh, essayer de, et, vous savez, comme conseil, ou comment, comment on peut conseiller quelqu’un pour amorcer le processus de relève, euh, en travaillant avec le successeur, et l’un est on réussit, mais ça dira qu’il faut, voir certaines conditions pour le faire. Donc tout ça est lié à ces concepts et à ces cellules.
Intervenant 2 (16:48) :

Oh, absolument. Je pense, je pense que, euh, nos auditeurs vont vraiment se reconnaître dans cette partie, parce que nous, nous travaillons habituellement avec la génération dirigeante actuelle. Nous travaillons habituellement avec, avec des gens qui planifient une transition où ils, euh, font quelque chose qu’on pourrait qualifier de sortie, d’une certaine façon. Et il y a toujours certaines choses qui les retiennent de vouloir le faire. Et vous en soulignez quelques-unes. Donc l’une d’elles, c’est de les reconnaître, n’est-ce pas. Ils ont besoin d’être reconnus et ils ont besoin d’avoir un héritage. Et si on parle à des gens, euh, ou à une famille, et qu’ils n’ont pas commencé à réfléchir à la façon dont ils vont faire ces deux choses, ils peuvent s’attendre à une certaine résistance. Donc, donc ce sont deux éléments sur lesquels on devrait travailler pour aider la famille à passer à l’étape suivante, c’est-à-dire au moins régler ces deux aspects.

Intervenant 3 (17:47) :
Oui. Et par exemple, il y a cette famille avec laquelle je travaillais, euh, l’an dernier, euh, le chef, le fondateur, euh, il est décédé, euh, je pense que c’était il y a environ 15 ans. Et c’était un héros de la famille, c’était le fondateur. C’est lui qui, qui a créé toute la fortune qu’ils partagent. Et quand on a raconté à nouveau l’histoire qu’ils connaissaient déjà, mais avec cette structure, ils ont constaté qu’il leur manquait cette reconnaissance de la, de la figure paternelle, de la, de l’entrepreneur, et la partie héritage. Et ils, on commence à travailler à créer une documentation sur ce qu’avait été l’œuvre du père. Comment, comment, comment il avait contribué à la société? Comment, comment il avait créé cette entreprise incroyable, et, et toute cette information qui, euh, était essentiellement perdue dans leur mémoire. Euh, ils ont commencé à travailler à un, à un projet de, de, de préparation d’un livre pour reconnaître son, son œuvre. Et c’était quelque chose qui s’inscrivait de façon vraiment incroyable dans leur mémoire comme une chose en suspens qu’ils devaient faire avec la, avec la figure paternelle. Et, et ils étaient tellement, comme, je dirais qu’ils étaient comme libérés. Euh, il y avait, il y avait comme ce sentiment de soulagement de faire la bonne chose, parce que maintenant les pièces étaient à la bonne place. Alors c’est ce genre de choses.

Intervenant 2 (19:20) :
C’est, vous savez, quand, quand, quand on parlait de ça, j’ai toujours supposé que c’était quelque chose qu’il faut faire pendant que la personne est encore en vie, mais vous me dites que même après, si le, si l’histoire n’inclut pas cette partie, on peut quand même faire cette partie après coup. Et, et en fait, vous racontez l’histoire d’une famille qui ne l’avait pas fait. Et quand ils l’ont enfin fait, ils ont ressenti du soulagement; c’est, c’est, je, je comprends, mais je ne m’attendais pas à ce que ça en fasse partie. Alors c’est vraiment puissant.

Intervenant 3 (19:50) :
Oui, oui, absolument. Parce que, comme, comme Campbell l’a mentionné, si on veut créer un mythe, il faut au moins trois générations, et il y aura probablement l’un des premiers membres de la première génération qui ne sera plus là quand la troisième génération. Elle sera, euh, elle sera chargée de, de mener ce projet. Mais une fois qu’on a créé le mythe, on peut raconter le mythe à nouveau de la façon dont on en a besoin, parce que c’est, euh, c’est l’une des principales, euh, fonctions du mythe. Et l’une de ses principales caractéristiques : on peut le remodeler à chaque génération, chaque génération peut raconter le mythe à nouveau de la façon dont elle en a besoin. C’est donc ainsi que, que, qu’il se transmet.

Intervenant 2 (20:40) :
D’accord. Donc, donc, donc en racontant l’histoire ou en travaillant l’histoire à travers cette formule, il y a une façon pour qu’elle s’autoalimente et que, que, que, qu’elle puisse se répéter au fil des générations suivantes. C’est, c’est, je, c’est un concept que je peux arriver à saisir, mais je ne comprends pas vraiment comment ça fonctionne. Pouvez-vous m’aider à compléter le tableau?

Intervenant 3 (21:02) :

Oui. Je veux dire, il faut comprendre que, que le mythe et les histoires ont une fonction en voyageant à travers les générations, et ce n’est pas toujours lié à l’exactitude de l’histoire. Euh, ce que je veux dire par là, c’est que par exemple, euh, pensons, euh, à l’Espagne au, au XIe siècle : on avait l’habitude, euh, de raconter des histoires aux troupes avant qu’elles partent au combat. Et, et ces histoires racontaient où, où l’on racontait des histoires sur les héros et, et, et comment, par exemple, l’armée de Castille, euh, n’avait jamais échoué. Ils n’avaient, ils n’avaient jamais perdu une bataille en, en, en deux siècles. Hum, peut-être que ce n’était pas si exact. Peut-être qu’ils y tenaient vraiment, mais ils l’ont raconté, ça je peux vous l’assurer. Si j’étais un soldat, je ne serais pas le premier à perdre. N’est-ce pas? Je suis inspiré parce que j’y crois.

Intervenant 3 (22:13) :
Alors c’est comme ça que nous utilisons la métaphore, et ils partent sur le champ de bataille en pensant à ça : je ne perdrai pas. Je ne serai pas le premier. Je peux, je peux être le premier. Alors c’est comme ça que nous utilisons le mythe. Et il n’a pas besoin d’être très fidèle à l’histoire, mais si nous, euh, sommes, euh, euh, euh, assez bons pour raconter de nouveau l’histoire d’une certaine façon, c’est que, nous ne mentons pas, mais nous vous racontons les choses d’une manière qui va vous inspirer. Et c’est là, c’est ce que nous recherchons. Nous voulons vous inspirer.

Intervenant 2 (22:51) :
Donc, donc, il s’agit de garder vivante l’histoire de la famille, et il y a un vieil adage qui, quel est-il déjà? Ce, ce sont les vainqueurs qui écrivent l’histoire. Alors, alors la famille peut en quelque sorte remodeler et raconter de nouveau l’histoire de façons plus utiles qu’elle ne l’est peut-être.

Intervenant 3 (23:09) :
Oui, oui. Et un élément de, de, de, euh, euh, rendre hommage à vos ancêtres, ce qui est aussi très important. Et, et, et essayer d’être, euh, assez juste pour reconnaître les bonnes choses plutôt que les mauvaises qu’ils font, euh, ou qu’ils ont faites. Alors, euh, oui, euh, c’est ainsi que nous, euh, nous réconcilions avec notre passé et bâtissons notre avenir.

Intervenant 2 (23:42) :
Alors il s’agit, il s’agit de créer le cadre approprié pour communiquer avec toutes les parties prenantes d’une façon utile, qui les motive, qui garde l’histoire vivante et qui fait avancer la famille.

Intervenant 3 (23:58) :
Oui. Et, et vous avez mentionné les parties prenantes. Je veux dire, j’ai, j’ai interviewé, euh, des membres de leur, de la, de l’entreprise qui, qui n’appartiennent pas à la famille. Et si moi, en tant que famille, j’ai bien fait les choses en racontant cette histoire au reste du système, c’est incroyable la façon dont les gens ont travaillé à partir de leur inspiration : ils parlent du fondateur, ils en parlent, de, euh, toutes les, les, les choses que la famille a, euh, faites, et, et de tout le succès de l’entreprise, et ils sentent qu’ils en font partie, euh, parce que, parce qu’ils sont inspirés. C’est ça, la différence : l’inspiration et la motivation sont deux choses différentes. Vous pouvez avoir des employés motivés, et c’est correct. Mais quand vous avez des employés inspirés, vous avez quelque chose de très, très différent et de très fort, et c’est, et c’est ce que fait la narration.

Intervenant 2 (24:58) :
Et c’est important. C’est quelque chose que je pense que nous comprenons tous, disons, dans notre tête, mais c’est, c’est plus que ça. C’est, vous parlez d’employés d’une entreprise qui ne sont pas membres de la famille, mais qui sont, sont néanmoins inspirés parce qu’ils travaillent pour une entreprise familiale où la famille a créé cette idée, pas seulement motivante, mais inspirante, d’en faire partie. Et donc, donc, et c’est ce qui fait que, vous savez, les entreprises familiales inspirent toujours confiance et, et, et, euh, ont une excellente réputation dans bien des communautés. Et j’imagine que tout ça fait partie de, de ceci, et les, et les, j’imagine que celles qui ne font pas assez bien le travail de garder cela vivant risquent, vous savez, de se retrouver, de se retrouver sur la touche. Et donc il est important que chaque génération de la famille garde ce récit vivant. Oui.

Intervenant 3 (25:54) :
Oui. Et, et, et, vous savez, le marketing, les gens du marketing savent comment ça fonctionne. Je veux dire, si vous voulez créer une marque, vous devez raconter l’histoire. Et quand vous vous connectez avec, avec le public, avec cette histoire, euh, vous aurez une marque puissante. Et c’est comme ça qu’ils utilisent le même outil pour inspirer le reste des consommateurs, de vos clients, vos, hum, tout ce qui est lié à l’entreprise. Alors c’est essentiellement la même chose.

Intervenant 2 (26:23) :
Je pense que nous avons traversé une période, euh, il y a peut-être quelques décennies, où être perçu comme une entreprise familiale semblait un peu négatif, du genre : « Oh, vous n’êtes qu’une petite entreprise familiale. » Mais je pense que ça a changé dernièrement. Et je pense que certaines des plus grandes entreprises familiales ont en quelque sorte tiré parti de leur caractère familial, et c’est devenu plus à la mode, et peut-être que davantage de familles devraient en tirer parti, travailler avec leurs gens du marketing et travailler l’angle familial des choses. Et il semble que ce voyage du héros soit une des façons dont elles pourraient, pourraient envisager de le faire.

Intervenant 3 (27:00) :
Oui, c’est, euh, je veux dire, si, hum, si les familles sont conscientes de l’importance que cela a pour elles afin de façonner l’avenir, et qu’elles commencent à le faire dans le cadre de leur, de, de leur façon de, de garder la famille unie, elles trouveront une manière parfaite et très originale, euh, d’inspirer non seulement la famille, mais le reste des, des parties prenantes, actionnaires, employés, clients, fournisseurs, tout le monde autour de cette histoire des héros,

Intervenant 2 (27:38) :
Mais ça commence par la famille, par contre. Je, je, c’est ce que je commençais à penser : vous ne voulez pas aborder ça comme « Hé, faisons venir les gens du marketing pour raconter cette histoire ». Quoique, quoique si ça arrivait de cette façon et que les gens du marketing, en posant leurs questions, amenaient la famille vers ce genre de travail… Mais il doit y avoir une meilleure façon d’amener une famille à travailler là-dessus. Alors comment, comment, en tant que conseillers, présenter cette idée à nos clients et les amener à commencer à travailler sur, sur leur propre récit familial et à examiner leurs propres héros?

Intervenant 3 (28:09) :
Eh bien, si vous avez une méthodologie de travail avec les familles, je suggérerais que l’une des toutes premières étapes soit de prévoir une séance spécialement pour cela. Et, et, et, et vous pouvez le dire, euh : « Nous allons nous réunir aujourd’hui pour raconter de nouveau votre histoire. Je sais que vous connaissez votre histoire, mais nous allons la raconter d’une façon dont vous ne l’avez jamais racontée auparavant. » Et une fois que vous commencez à faire ça, en suivant cette carte de Joseph Campbell comme, comme, euh, la route pour, euh, assembler toutes les pièces, en les aidant à trouver toutes ces informations et en faisant des allers-retours pour vous raconter l’histoire, une fois que vous avez la carte complète. Et, hum, et je vous suggère d’écrire tout cela sur une, sur une immense feuille de papier au mur, euh, en faisant, euh, euh, une ligne du temps et en y plaçant tous les, euh, tous les, les, les personnages principaux de l’intrigue, tous les principaux jalons de l’histoire.

Intervenant 3 (29:14) :
Et ils commencent à voir, euh, et à avoir une vision de ce qu’ils, ce qu’ils font. Ils, euh, l’impact que ça aura sur la façon dont ils se comprennent eux-mêmes. Ce sera absolument merveilleux. Et ce sera votre travail, votre travail en tant que conseiller : vous les guiderez pour, hum, trouver leur propre identité, savoir à quoi ils appartiennent, et surtout, une fois qu’ils ont cerné cette identité, euh, ils peuvent commencer à travailler sur l’avenir, parce qu’il n’y a pas d’avenir si vous ne savez pas quel est votre passé. C’est absolument comme ça. La seule façon de voir l’avenir, c’est de voir le passé : vous utilisez les mêmes outils, vous utilisez la même partie de votre cerveau pour vous souvenir que pour imaginer. Vous devez, vous devez utiliser les mêmes outils que vous devez créer d’une façon ou d’une autre. Alors c’est, c’est, c’est pourquoi il est très important d’intégrer ces, cette structure de votre passé, parce que c’est ainsi que vous créerez un avenir plus, euh, crédible pour vous.

Intervenant 2 (30:27) :
C’est, c’est incroyablement profond. Et j’aurais aimé savoir ça il y a quelques années. J’ai eu le privilège de me trouver dans une pièce où, vous savez, la génération actuelle, euh, partageait une partie de l’histoire avec ses enfants, et, et, et de voir leurs yeux s’illuminer, et, et de voir à quel point ils étaient fascinés d’apprendre de nouvelles choses. Et j’ai maintenant l’impression que c’était une occasion ratée pour moi de, de, de vraiment prendre ce qui était déjà une très bonne expérience et d’en faire une expérience encore meilleure, mais je ne referai pas cette erreur. GMO, c’était formidable. Malheureusement, nous arrivons à la fin de notre temps ensemble, et j’ai quelques dernières demandes à vous faire avant de conclure, comme nous le faisons avec tous nos invités. Alors je veux vous demander une recommandation de livre, même si je pense avoir une idée de ce que ce pourrait être, ou peut-être y en a-t-il quelques-uns. Et ensuite, euh, une autre chose, un conseil d’un conseiller à d’autres conseillers. Alors pouvons-nous commencer par une recommandation de livre?

Intervenant 3 (31:29) :

OK. Oui. Je vois. Vous pouvez deviner, euh, je vais recommander celui-ci, c’est un classique. J’aime recommander des classiques. Euh, je vais vous recommander deux classiques. OK. Le premier, c’est celui que j’ai mentionné tout à l’heure, euh, de Joseph Campbell, Le héros aux mille et un visages. Euh, la plupart de mes amis ici, aux États-Unis, disent que, euh, ils avaient déjà ce livre dans leur enfance, mais ils, ils ne s’en souviennent pas. Alors, euh, vous avez probablement ce livre sur votre tablette ou dans votre, ou dans votre bibliothèque. Euh, c’était, c’était, euh, la première, euh, édition date de 1949. Il fait donc partie de nos propres mythologies depuis ce temps-là. Euh, l’autre que je recommanderais, c’est une lecture de Jeffrey Sonnenfeld, The Hero’s Farewell : What Happens When CEOs Retire, qui est un chef-d’œuvre sur cette partie la plus importante du voyage du héros. Quand, quoi, comment retournent-ils au monde ordinaire? Et c’est un livre des années 80. Il a été, euh, publié en 1988, mais c’est une compilation de 17, euh, cas différents parmi les plus importants PDG de grandes sociétés aux États-Unis qui, euh, ont pris leur retraite. Alors, voilà ces livres. Je pense que ça vous aidera à comprendre les autres choses

Intervenant 2 (32:54) :
Nous allons, nous allons mettre un lien vers ces livres dans les notes de l’épisode. J’ai bien le, le, le deuxième, je l’ai. Je l’ai lu. Je l’ai sur ma Kindle, pas sur ma tablette, mais je l’ai. OK. Alors Guillermo, un conseil d’un conseiller qui a travaillé avec beaucoup de familles à d’autres personnes qui travaillent avec des familles, dont beaucoup ont probablement un peu moins d’expérience. Alors quel, quel conseil pourriez-vous nous donner?

Intervenant 3 (33:18) :
Eh bien, je dirais que, euh, quelque chose qui m’a aidé à, euh, me connecter à l’essence des familles, c’est justement le récit, euh, aider les familles à redécouvrir leur propre histoire, c’est quelque chose que j’essaierais de faire dès les premières étapes du travail avec une famille. Euh, ça vous aide à les comprendre et ça vous aide à créer un lien avec elles. Et c’est quelque chose qui, une fois que vous maîtrisez cet, euh, exercice, euh, c’est incroyablement simple et, euh, très agréable de vous fier à votre intuition pour les aider à parcourir leur histoire, parce que tout est une question de connexion avec l’inconscient. Et une fois que vous rendez conscient ce qui est inconscient, vous commencez à avoir le contrôle de votre avenir. Et, et c’est ce que je vous dirais : fiez-vous à votre intuition, aidez-les à raconter leurs histoires, et vous aurez une relation plus agréable avec votre client

Intervenant 2 (34:26) :
Et quelle belle façon de développer, comme vous l’avez dit, ce lien. Et nous essayons tous d’être le conseiller de confiance. En posant des questions de nature plus personnelle et en essayant d’apprendre toute l’histoire, nous démontrons notre, notre volonté de plonger dans ces questions familiales importantes. Et, et nous créons un lien plus profond avec nos clients, ce qui nous servira bien pour notre réputation, dans notre, dans notre travail avec ces, ces, ces membres de la famille, vous avez raison. Génial, merveilleux. Eh bien, le temps a filé comme d’habitude. Euh, Guillermo, merci beaucoup d’avoir été avec nous et d’avoir partagé votre expertise avec notre auditoire. Chers auditeurs, si vous n’êtes pas encore abonnés, faites-le. Assurez-vous de ne jamais manquer un de ces épisodes. Merci encore, Guillermo.

Intervenant 3 (35:17) :
Merci, Steve, pour l’invitation. Tout le plaisir était pour moi, comme toujours.

Intervenant 2 (35:20) :
Très bien. Merci d’avoir été avec nous.

Intervenant 1 (35:22) :
Je suis Steve Legler, et on se revoit la prochaine fois. Si vous avez aimé l’épisode d’aujourd’hui, vous pouvez vous abonner sur iTunes ou sur toute autre application de balados. Et n’oubliez pas de le partager avec votre famille, vos amis et vos collègues. Si vous avez des commentaires sur ce contenu ou des suggestions pour de futurs épisodes, écrivez-nous par courriel à us@feaatfamily-enterprise-xchange.com. Nous serions ravis d’avoir de vos

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