Comment allons-nous prendre des décisions ensemble?
Dans cet espace, nous parlons beaucoup de gouvernance familiale, un terme qui, je le sais, en rebute certains. Pour l’adoucir, je précise habituellement assez rapidement ce que cela signifie en pratique.
Les deux grands éléments de la gouvernance sont la communication et la prise de décision. La façon dont je le formule normalement, c’est : « Comment allez-vous prendre des décisions ensemble? »
Il est normal que les familles passent d’un style de prise de décision autocratique dans une génération à un style plus démocratique dans la suivante.
De loin, le meilleur style démocratique que je connaisse, et celui vers lequel je recommande toujours aux familles de tendre, c’est le consensus.
La semaine dernière, j’ai parlé du récent RendeZoom du PPI dans De quelle couleur est votre cape?
Le billet de cette semaine m’a été inspiré par un très bref commentaire que j’ai noté lors d’un de ses ateliers, et qui va au cœur de ce qu’exige le consensus.
Ce qu’on peut apprendre quand on porte attention
Les conférences sont une excellente occasion d’entendre des vétérans du secteur partager un peu de leur sagesse avec leurs collègues, et j’en ai reçu une bonne part du groupe du PPI, comme d’habitude.
Ce à quoi je ne m’attendais pas, cependant, c’était d’entendre un résumé très utile des deux ingrédients les plus fondamentaux du consensus, surtout de la bouche de la plus jeune personne de la conférence.
C’était lors de la dernière série d’ateliers, et j’avais choisi celui qui portait sur la philanthropie chez les adolescents, animé par Sue Schwartzman.
Elle était accompagnée de trois membres de la relève issus de familles qui ont participé à son programme au fil des ans, dont une participante actuelle.
C’était un vendredi après-midi, j’étais simplement content d’entendre une discussion intéressante, et c’est là que j’ai eu ma citation en or.
« Le consensus, c’est une question de respect et de flexibilité »
« Attendez, quoi? »
Venais-je d’entendre le meilleur résumé de ce qu’exige le consensus de la part de quelqu’un né au cours de ce siècle? La réponse courte est « OUI ».
Court et efficace, direct et clair. Comment se fait-il que je n’avais jamais entendu quelqu’un le dire de façon aussi succincte auparavant?
J’ai déjà écrit sur le consensus, notamment dans Mettre le consentement dans le consensus, partie I et partie II, il y a longtemps, en 2016.
Mais cette jeune femme, qui nous a raconté comment se passait le travail avec un groupe d’autres adolescents pour prendre des décisions sur les projets qu’ils financeraient, avait vraiment mis le doigt dessus.
Le chaînon ou l’ingrédient manquant
Ces adolescents aspirant à devenir philanthropes faisaient partie d’un programme où ils pouvaient apprendre non seulement la philanthropie, mais aussi certaines habiletés de vie essentielles liées à la collaboration, et ce qu’il faut pour bien collaborer.
Très souvent, quand on m’appelle pour travailler avec des membres d’une famille, il peut falloir un certain temps pour déterminer exactement où ils doivent apporter des changements dans leur façon d’interagir les uns avec les autres en matière de prise de décision.
Grâce à ce dernier « moment eurêka », j’ai maintenant une nouvelle question « diagnostique », toute simple, que je vais me poser :
Qu’est-ce qui manque ici, le respect ou la flexibilité?
D’après mon expérience, le respect est presque toujours quelque chose dont les groupes au sein d’une famille auraient besoin davantage, mais l’inflexibilité n’est généralement pas bien loin, chez au moins un membre de la famille.
Un travail itératif toujours en cours
En écrivant ces mots, je ne peux m’empêcher de penser au fait que ces deux éléments clés se nourrissent l’un l’autre et peuvent être très liés.
À mesure que mon respect augmente envers les autres avec qui je travaille pour en arriver à des décisions importantes, la flexibilité que je suis susceptible d’être à l’aise d’accorder à leurs idées augmente aussi.
De même, quand j’entends de nouvelles idées que je suis prêt à considérer, je me sentirai plus flexible à leur égard, et je ne peux alors presque pas m’empêcher d’avoir aussi plus de respect pour ceux qui ont lancé ces idées.
Cela peut créer un cercle heureux qui continue ensuite à « monter en spirale », et ce serait une bonne chose pour la plupart des familles.
Le revers de la médaille, c’est qu’une inflexibilité persistante peut diminuer le respect, et vice-versa, ce qui entraîne une spirale descendante.
Une nouvelle prise sur un vieux problème
Après avoir écrit plus de 400 blogues, mon seuil pour qu’une chose ait de la valeur n’est pas très élevé : je cherche seulement une nouvelle idée pour mon coffre à outils.
J’ai maintenant noté une nouvelle façon simple de réfléchir à la manière dont les familles communiquent autour de leur prise de décision, centrée sur la présence (ou l’absence) de respect et de flexibilité.
Et elle est venue d’une adolescente précoce, ce qui a l’avantage supplémentaire de me donner une histoire à raconter quand je la partage.
C’est bien assez pour moi, j’espère que ça vous sera utile à vous aussi!
