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Un regard neuf sur un vieux dicton
Cette semaine, nous abordons un sujet dont parlent ÉNORMÉMENT bon nombre de gens qui travaillent avec des entreprises familiales : l’adage selon lequel les entreprises familiales échouent souvent, habituellement dès leur troisième génération.
Personnellement, j’ai toujours évité ce sujet, parce que chaque fois que je parle à quelqu’un d’une famille entrepreneuriale, on ne me pose jamais de questions sur ces « statistiques », et même quand les gens en entendent parler, ils croient habituellement que leur famille se révélera être l’exception.
Mais je suppose qu’il est probablement grand temps que je me penche au moins sur cette question, afin que nous puissions la décortiquer un peu et voir ce qu’on peut en apprendre.
Je vais vous dire quoi faire avec vos « manches de chemise »
Tous ceux qui travaillent dans le domaine de l’entreprise familiale et du patrimoine familial connaissent le vieux proverbe « Des manches de chemise aux manches de chemise en trois générations ».
Et nous avons tous entendu dire qu’il en existe des versions semblables dans toutes les langues et toutes les cultures du monde.
Et je suis à peu près certain que la plupart d’entre nous sont tannés d’en entendre parler.
Bien sûr, cela n’a pas empêché beaucoup de ceux qui conseillent ces familles de ressortir cette rengaine à la moindre occasion, parce que, eh bien, ça marche!
Mais ce que je veux dire par « ça marche » a beaucoup plus à voir avec le fait que ça marche pour les fournisseurs de solutions, à qui ce point de vue permet de vendre leurs « solutions ».
Une « solution » est plus facile à vendre quand on peut pointer un « problème » évident.
Nous nous posons la mauvaise question
L’image que j’ai choisie pour accompagner ce billet provient de la tempête de verglas qui a frappé ma région il y a près de 25 ans, en janvier 1998. (L’image a depuis été retirée! Oups)
Le pylône qui s’est effondré était l’un des dizaines de pylônes qui n’ont pas pu supporter le poids de la glace accumulée sur les fils électriques qu’ils portaient.
L’entreprise que mon père avait fondée et pour laquelle je travaillais avait justement fabriqué des milliers de pylônes comme ceux-là au cours des trois décennies où nous avons été en activité.
Après cette tempête, les gens qui savaient que nous avions été dans ce domaine demandaient à mon père : « Comment se fait-il que ces pylônes se soient effondrés? »
Sa réponse était toujours la suivante : « Vous posez la mauvaise question; vous devriez plutôt demander “comment se fait-il que tant de pylônes soient restés debout” ».
Mettre l’accent sur le positif
J’espère que mon analogie est assez évidente, mais au cas où, permettez-moi d’exprimer mon point plus explicitement.
Alors que la tempête de verglas qui a endommagé tant de ces pylônes était un événement du genre « une fois par siècle », les défis que représente le fait de maintenir une entreprise familiale (ou n’importe quelle entreprise, d’ailleurs) en activité pendant des décennies sont une lutte constante, une côte à remonter sans cesse.
En fait, j’oserais dire que les entreprises familiales s’en tirent en réalité mieux que les entreprises non familiales en général.
Ai-je des statistiques ou des études pour appuyer cela? Eh bien, non, je n’en ai pas.
Mais les « études » réalisées il y a des décennies sur les entreprises familiales n’ont pas exactement été menées avec la plus grande rigueur scientifique non plus.
Cela n’a pas empêché ceux qui en profitent de les ressortir à toutes les occasions, cependant.
La version Wealth 3.0
C’est ce que je pense depuis que je suis entré dans ce domaine il y a une décennie, et heureusement, certains collègues plus en vue ouvrent maintenant la voie pour changer le discours sur ce sujet.
J’ai entendu l’expression « Wealth 3.0 » pour la première fois au RendezVous du Purposeful Planning Institute (PPI) en 2019, de la bouche du Dr Jim Grubman, lors de sa conférence de clôture.
Depuis, Grubman continue de faire connaître sa réflexion par l’intermédiaire du Ultra High Net Worth Institute. Voir Wealth 3.0 et les Ten Domains of Family Wealth pour beaucoup plus de contexte.
L’essentiel de ce point de vue repose sur le fait que créer des « solutions » structurelles pour l’entreprise est une erreur, alors que c’est sur le capital humain de la famille que nous devrions concentrer notre soutien aux familles.
Des recherches plus récentes ont montré qu’il est plus logique de se concentrer sur la famille plutôt que sur l’entreprise qu’elle se trouve à avoir créée.
Toutefois, comme tant d’experts ont traditionnellement été embauchés par les entreprises, il n’est pas étonnant que l’accent ait été mal placé.
L’accent plus récent mis sur la famille est bienvenu et se faisait attendre, mais il n’est pas encore solidement implanté dans le milieu des professionnels qui servent ces familles.
Le progrès, pas la perfection
Des progrès continuent toutefois d’être réalisés, et nous devons nous satisfaire de les faire se poursuivre, plutôt que de déplorer que l’industrie n’ait pas encore atteint un état « parfait ».
Nous devons continuer à faire ces progrès, un conseiller et une famille à la fois.