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La gouvernance familiale est un sport de contact
La transition du patrimoine d’une famille d’une génération à l’autre, c’est mon domaine, et chaque semaine, je tente d’apporter quelques perspectives utiles à ce travail.
Ce travail est rarement facile, et j’aime penser que tous ceux qui œuvrent dans ce domaine comme moi, pour soutenir des familles qui essaient de réussir, peuvent et doivent apprendre les uns des autres.
Récemment, dans Building Processing Time into your Process, je soulignais comment l’un des groupes de pairs dont je fais partie compare le travail auprès des familles au fait de ne skier que sur les pistes double losange noir.
Dans mes billets hebdomadaires, je partage souvent ce que j’apprends dans des groupes de pairs, mais je viens de réaliser que l’une de mes conférences habituelles offre quelque chose que je ne trouve nulle part ailleurs.
Une conférence pas comme les autres
Je reviens tout juste du congrès annuel de l’Institute for Family Governance à New York et, encore une fois, je n’ai pas été déçu.
Mais ce n’est que maintenant que je saisis vraiment ce qui le rend si différent des autres événements annuels sur l’entreprise familiale inscrits à mon calendrier.
Je tire beaucoup du Symposium de Family Enterprise Canada, du RendezVous du Purposeful Planning Institute et du congrès annuel du Family Firm Institute.
Mais l’IFG est différent, et c’est parce qu’il est tellement, mais tellement vrai.
Les organisateurs réussissent à réunir de vraies personnes issues de véritables entreprises familiales multigénérationnelles, qui racontent de vraies histoires.
Comme la gouvernance familiale est vraiment un sport de contact, certaines de ces histoires ne sont pas nécessairement toutes roses, comme vous vous en doutez.
Mais d’une façon ou d’une autre, à l’IFG, on raconte les vraies histoires et on partage vraiment, sans rien cacher.
Le strict respect de la règle de Chatham House
Le congrès de l’IFG se déroule selon la règle de Chatham House, ce qui signifie que j’ai le droit de partager une bonne partie de ce que j’y ai entendu, à condition de ne pas révéler qui a dit quoi.
Je peux toutefois facilement partager quelques bribes de propos échangés à ma table entre les présentations.
Un homme à côté de moi a fait remarquer qu’il ne se souvenait pas d’avoir déjà entendu le mot « trou de cul » autant de fois en une seule journée de conférence, et j’ai dû lui donner raison.
À la fin de la journée, j’ai fait un commentaire à une jeune femme assise de l’autre côté de moi : je lui ai dit de ne pas s’attendre à entendre des histoires aussi franches dans d’autres conférences.
Un esprit et une culture de partage sans détour
Les histoires que nous avons entendues concernent typiquement des familles dont le patrimoine a déjà réussi quelques transitions d’une génération à la suivante, et pourtant, il y a encore certains éléments impliquant des conflits qui ont été résolus, apparemment contre toute attente.
Nous pouvons apprendre des réussites d’autres familles, mais nous pouvons peut-être même apprendre davantage de leurs échecs.
Les histoires racontées comportent beaucoup de réussites qui ont été nécessaires pour bâtir le patrimoine des familles, puis les accrocs survenus en cours de route, à mesure que ce patrimoine était partagé par la famille.
Le partage sans détour des aspects moins reluisants de ces transitions est ce qui rend le congrès de l’IFG spécial, car on y a créé une culture qui en fait un espace sécuritaire où les membres des familles peuvent s’ouvrir.
Les familles et leur patrimoine ne croissent pas au même rythme
L’un des problèmes qui peuvent survenir, c’est que le patrimoine peut continuer de croître à un rythme raisonnable, mais quand on descend de quelques générations, le nombre de membres de la famille peut croître de façon exponentielle.
Lorsqu’on s’attend à ce qu’un patrimoine généreux soit accessible à de plus en plus de personnes, cela peut devenir problématique.
Qui décide de la façon dont le patrimoine est géré et partagé? Voir Who Gets to Decide Who Gets to Decide, de 2017.
Élaguer l’arbre généalogique
Bâtir un patrimoine est déjà assez difficile, mais apprendre à le conserver et à le partager en famille est probablement encore plus difficile.
Il n’est pas surprenant d’apprendre que bon nombre des histoires que nous avons entendues, venant de familles dont le patrimoine a d’abord été créé il y a plus d’un siècle, ont réussi à le transmettre quelques fois en limitant le nombre de membres de la famille qui le partageaient.
Ce genre d’« élagage » de l’arbre du patrimoine familial est simple à expliquer, mais pas nécessairement facile à mettre en œuvre, si l’on accorde de la valeur à des relations familiales harmonieuses.
Le congrès de l’IFG a bien réussi à normaliser le fait que les familles peuvent rencontrer des embûches sur ce parcours, mais quand nous apprenons à partager le bon, le mauvais et le laid, nous pouvons aider les autres à être prévenus.


