Family business and legacy adviser

Surmonter la dépendance dans les familles entrepreneuriales

Surmonter la dépendance dans les familles entrepreneuriales

Balado Let’s Talk Family Enterprise, épisode no 64

Balado Let’s Talk Family Enterprise, épisode no 64

Animateur : Steve Legler
Invité : Jeffrey Foote

L’animateur Steve Legler s’entretient avec le Dr Jeffrey Foote, l’un des auteurs de Beyond Addiction: How Science and Kindness Help People Change. Ensemble, ils discutent de la façon dont les membres de la famille et les FEA peuvent devenir d’importants catalyseurs pour aider les personnes aux prises avec des problèmes de dépendance à les surmonter, au bénéfice de toute la famille.



Transcription

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Let’s Talk Family Enterprise explore des idées, des concepts et des modèles du monde entier pour aider les conseillers en entreprise familiale à mieux servir leurs familles clientes. Présenté par Family Enterprise Canada. Les points de vue, les renseignements et les opinions exprimés pendant ce balado sont ceux des personnes concernées et ne représentent pas nécessairement ceux de Family

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Enterprise Canada. Bonjour, chers auditeurs. Je suis Renee Nelson, gestionnaire principale des programmes pour conseillers ici, à Family Enterprise Canada. Avant de commencer cet épisode, je voulais mentionner que la cohorte d’hiver 2025 du programme FEA a récemment affiché complet. Pour répondre à la forte demande, nous avons donc ajouté une nouvelle cohorte d’automne 2025 qui commence en octobre, dont trois des sept modules se dérouleront en personne à Toronto et les quatre autres en ligne. Si vous connaissez un professionnel qui bénéficierait du programme FEA, recommandez-le avant que les places soient toutes prises. Et pour ceux d’entre vous qui souhaitent assister au Family Business Symposium, qui se tiendra du 26 au 28 mai sur le bord de l’eau, dans la magnifique ville de Halifax cette année, nous allons aussi bientôt mettre fin au rabais pour inscription hâtive, alors assurez-vous de vous inscrire le plus tôt possible. J’espère vous y voir.

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Bonjour et bienvenue à un autre épisode du balado Let’s Talk Family Enterprise. Je m’appelle Steve Legler. Je suis ravi d’être de nouveau votre animateur ce mois-ci. Nous allons aborder un sujet qui touche un certain pourcentage des familles entrepreneuriales et qui met mal à l’aise bien des conseillers de ces familles : la dépendance. Nous avons parfois abordé des questions de santé mentale dans ce balado par le passé, mais ce mois-ci, nous avons un invité formidable qui va partager des réflexions utiles pour les familles et leurs conseillers, et qui apportera un éclairage nouveau sur la façon de composer avec les défis liés à la dépendance d’un membre de la famille. Le Dr Jeffrey Foote est l’un des auteurs du livre Beyond Addiction: How Science and Kindness Help People Change. Nous avons été mis en contact par un collègue commun et, après avoir lu son livre, je savais que je voulais l’avoir ici comme invité. Comme d’habitude, il y a beaucoup à couvrir, alors allons-y. Dr Jeff Foote, bienvenue au balado Let’s Talk Family Enterprise. Merci beaucoup de m’accueillir. Quand nous nous sommes parlé récemment pour préparer cet épisode, j’ai mentionné quelque chose au sujet des connaissances courantes, et vous êtes intervenu pour dire que, dans votre domaine, celui de la dépendance, malheureusement, les connaissances courantes n’ont pas nécessairement beaucoup évolué; une bonne partie de ce qu’on considère aujourd’hui comme des connaissances courantes n’a pas vraiment changé depuis 50 ou 60 ans. Ai-je bien compris? Pourriez-vous nous en dire un peu plus? Oui, malheureusement, vous

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avez tout à fait raison. Une autre expression que je pourrais utiliser à côté de connaissances courantes, c’est le gros bon sens. Vous savez, une partie du problème, c’est que les difficultés liées aux substances et les comportements compulsifs sont vraiment extrêmement répandus, omniprésents. C’est donc quelque chose que les gens ont vécu, eux-mêmes ou dans leur famille, dans une proportion incroyablement élevée. Pour cette raison, il y a beaucoup de réactions dans le monde à ce sujet, et une grande partie de ces réactions repose sur des normes culturelles et sur la compréhension culturelle de ce genre de difficulté. Donc, pour revenir à ce que vous disiez sur les connaissances courantes et le gros bon sens, la compréhension que nous partageons, surtout en tant que culture, est assez ancienne et dépassée, et ce n’est pas ce que nous considérerions aujourd’hui comme fondé sur des données probantes, quant à la façon dont je pourrais aborder la situation et dont je pourrais réellement avoir un effet sur quelqu’un qui éprouve

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ce genre de difficulté. Donc je suppose qu’une partie de la raison pour laquelle vous avez écrit le livre, c’était d’essayer de changer ça et de faire connaître une vision plus actuelle, plus fondée sur des données probantes, de la façon dont les familles et les gens confrontés à ce défi peuvent et devraient réagir?

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Oui, absolument. Je veux dire, notre livre, qui est sorti il y a environ 11 ans, Beyond Addiction, notre premier livre, a été écrit pour les familles, très précisément à cause du manque d’information destinée aux familles qui repose sur des données probantes. Et l’une des principales choses sur lesquelles nous essayons de nous concentrer dans ce livre, en plus d’un tas d’idées fondées sur des données probantes pour aider, et par idées fondées sur des données probantes, j’entends des idées qui ont été mises à l’essai dans des protocoles de recherche, utilisées par des familles, utilisées en milieu clinique et dont l’efficacité a été démontrée, ce que nous essayions aussi d’aborder dans ce livre, ce sont les normes culturelles, qui s’avèrent extrêmement stigmatisantes. Quand on parle de stigmatisation, on parle de comportements qui vont être poussés dans la clandestinité. Il y a tellement de gens, y compris des cliniciens en santé mentale, dont la vision de ce qu’est la dépendance, le modèle qu’ils en ont, vient, vous savez, du film 28 Days avec Sandra Bullock, ou du Dr Phil, ou de l’émission Intervention. Ce sont des influences culturelles majeures, ce sont les idées que les gens ont en tête : « Oui, voici comment on est censé penser à ça, et voici ce qu’on est censé faire. » Et malheureusement, ce qu’ils ont entendu et vu dans ces émissions est assez dommageable et inutile.

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Inutile. Et oui, ce que vous avez dit sur la stigmatisation, ça pousse le problème dans la clandestinité et ça le rend encore plus difficile à faire ressortir. L’une des raisons pour lesquelles je voulais vous recevoir, c’est que les gens qui conseillent les familles, souvent, vous savez, nous apprenons qu’il y a un problème, et nous nous sentons alors impuissants, nous ne savons pas quoi faire, et nous finissons par ne rien faire, ou, comme vous le suggérez, peut-être par donner des conseils qui ne sont en fait pas utiles. Et même le vocabulaire que nous utilisons : est-ce une maladie, et la personne est-elle « un toxicomane » ou une personne aux prises avec une dépendance? Pouvez-vous nous aider à réfléchir à la façon de rendre ce sujet plus abordable quand nous constatons qu’il existe, pour en faire quelque chose que nous pouvons même mettre sur la table pour en discuter?

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Oui, c’est drôle, pendant que vous posez cette question, je vais vous demander la permission de sauter directement à la conclusion, puis de remonter à rebours, parce que l’une des choses qui me semblent claires, c’est que le rôle que votre auditoire est appelé à jouer est tout à fait unique et très puissant, et que les gens qui occupent ce rôle ne sont pas nécessairement des spécialistes de la santé mentale. Certains le sont, d’autres non, mais vous avez accès au fonctionnement interne des familles, ce à quoi la plupart des gens n’ont pas accès, et l’un des énormes avantages de cela touche précisément à cette question : qu’essayons-nous d’aider ici, au juste? Plus précisément, l’idée que les difficultés liées aux substances et aux comportements compulsifs ne sont pas une chose monolithique. Donc l’idée de ce qu’est la dépendance : est-ce une maladie, une maladie du cerveau, une maladie spirituelle? Ces étiquettes, ces façons de la décrire qui sont très noir sur blanc et taille unique, sont particulièrement inutiles. Elles sont aussi particulièrement fausses. C’est beaucoup plus compliqué et ouvert que ça. Et en tant que conseiller qui a réellement l’occasion d’aider à orienter les gens… pensez-y : vous avez en fait cette position privilégiée qui vous permet de proposer des idées plus nuancées que simplement « oui, voici ce que vous êtes censé faire : vous l’envoyez en cure de désintoxication. Il a une maladie, il ne veut pas changer, et vous ne pouvez pas l’aider à changer s’il ne veut pas changer ». Je pourrais vous énumérer, vous savez, 20 slogans qui sonnent tous très bien, très convaincants et ainsi de suite, et qui ne sont pas particulièrement utiles, et dans ce rôle de conseil qu’occupe votre auditoire, vous pourriez en fait aider les gens à saisir les nuances de tout ça d’une façon dont la plupart des gens sont incapables. Donc, pour revenir à la question : est-ce une maladie? Est-ce… ce n’est pas une chose précise, et c’est très réconfortant, à certains égards, de penser que c’en est une. Et que Dieu bénisse Betty Ford d’être sortie publiquement dans les années 1980 pour dire : « J’ai des problèmes d’alcool. » Parce que l’une des choses que ça a faites, c’est de faire passer la question d’un simple enjeu moral, comme les gens la percevaient, à ce qu’elle aurait décrit à l’époque comme une maladie, et ça l’a élevée à un niveau respectable, n’est-ce pas? Les gens n’auraient plus à vivre ça dans l’ombre et à se cacher, vous savez, ce genre de choses. Je pense donc que ça a été un grand pas en avant et, en fait, un grand pas en avant contre la stigmatisation, mais ça reste un modèle limitatif. Si vous prenez du recul et que vous pensez au phénomène que vous observez et aux tableaux que les gens de votre domaine ont vus dans diverses familles, ils sont incroyablement différents. Je veux dire, vous-même, je pourrais probablement vous demander : combien de fois y a-t-il eu des problèmes de dépendance chez des gens avec qui vous avez travaillé? Et vous pourriez dire 10 fois sur les 50 familles avec qui j’ai travaillé, ou 10 fois sur 11 familles. Je ne sais pas quel serait le chiffre. Ce serait intéressant de le savoir, en fait. Oui, mais si nous disions ensuite : « Eh bien, décrivez-moi ce qui se passe avec cette personne qu’on a désignée comme ayant un problème », si nous creusions le cas de chacune de ces personnes, elles seraient extrêmement différentes. Comment ces difficultés ont commencé. C’est mon fils de 14 ans. Il s’est fait expulser de l’école, et nous ne savons pas quoi faire. Devrions-nous l’envoyer dans un camp en nature sauvage? C’est mon grand-père de 72 ans qui boit tout le temps, en cachette, et ma grand-mère s’en fiche, et nous nous arrachons tous les cheveux. C’est mon mari de quarante ans, le pilier de toute la famille, vous savez, dont nous nous rendons compte qu’il consomme de la cocaïne tout le temps. C’est mon enfant de 23 ans qui vient de terminer ses études et qui a été agressé sexuellement à l’université, et qui souffre d’un TSPT. Ce sont des tableaux très, très différents de ce qui se passe et du pourquoi derrière cet ensemble précis de circonstances. Et pouvoir prendre du recul, comme point de départ, et se dire : il y a des raisons pour lesquelles ça arrive, pour lesquelles ça arrive à cette personne. L’expression que nous utilisons, c’est : les comportements ont un sens. Leur comportement, même si nous ne l’aimons pas, et même s’il cause des remous dans la famille et ainsi de suite… Je peux vous garantir que leur comportement, en tant qu’êtres humains, a un sens pour eux. Il sert un but. Ils souffrent d’un TSPT. Ils ont de la douleur chronique. Leur conjoint vient de mourir. Ils ont 14 ans. Peu importe ce que c’est, et ça a un sens. Et pouvons-nous aider cette famille à commencer à écouter d’une nouvelle façon, à ralentir et à franchir le pas de se demander comment comprendre ce membre de la famille, plutôt que de se demander quoi faire pour qu’il arrête ça, n’est-ce pas? C’est une impulsion forte et compréhensible, et ce serait bien si c’était aussi net et propre, si nous pouvions simplement l’expédier en cure et que tout irait bien, ce qui est une attente très courante. Ça ne fonctionne pas comme ça.

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D’accord, alors laissez-moi revenir sur quelques points. Vous dites que nous pourrions voir cinq ou six cas différents, et qu’ils sont tous différents. Il y a donc différentes manifestations, mais c’est tellement simple de les regarder tous et de les mettre dans le même panier, et nous devons arrêter de faire ça. Vous avez aussi parlé du fait que nous, les conseillers qui travaillons avec divers membres de la famille, avons en fait une vue privilégiée qui nous permet de voir certaines choses. Nous voyons tout le système. Nous pouvons faire ressortir des choses et, espérons-le, aider les membres de la famille, les autres membres de la famille, qui se sentent souvent impuissants eux aussi, et qui prennent alors un raccourci vers ce dont ils ont entendu parler, la culture populaire du « il faut faire ceci », et ainsi de suite. Mais vous parlez en fait de ralentir, de poser des questions et d’essayer de découvrir ce qui est à la racine de tout ça. Oui, est-ce là que nous essayons d’amener les gens, à ralentir et à examiner la situation plus à fond, pour voir d’où elle vient? C’est

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ça, n’est-ce pas? S’il y avait une chose que je dirais, « pourriez-vous s’il vous plaît faire ceci dès le départ », ce serait : pouvez-vous ralentir et écouter, plutôt que de passer à l’action?

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Oh, d’accord, c’est ça. Donc les gens le voient et ils sautent à « nous devons régler ça », n’est-ce pas? Et donc « vous devez faire ceci ». Il y a donc beaucoup de « dire » plutôt que de « demander », n’est-ce pas? Et je vais

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être franc : je veux dire, dans votre rôle de conseiller, quand ils viennent vous voir et vous disent : « Qu’est-ce qu’on est censés faire? Parce que c’est un cauchemar, un scandale », ou peu importe, vous allez ressentir vous aussi l’attrait de vouloir régler le problème, n’est-ce pas? « Oh là là, je suis le conseiller. Je suis censé savoir quoi dire ici. » Mais personne ne sait quoi dire. Vous pouvez me le demander à moi, je fais ça depuis 35 ans. Je ne sais pas. Qu’est-ce que vous voulez dire? « Il s’avère que mon fils est toxicomane », ça ne veut rien dire. Alors si vous voulez aider cette personne, ralentissons et essayons de comprendre un peu ce qui se passe avec elle. Ça pourrait être une personne de la famille en qui elle a confiance et à qui elle peut parler, et vous suggérez que cette personne ait simplement une conversation où elle dit : « Écoute, je ne sais pas ce qui se passe. Je suppose qu’il se passe beaucoup de choses pour toi, et on dirait qu’il y a eu beaucoup d’alcool. Et je voulais juste voir ce qu’on peut faire pour t’aider avec ça. » Il y aurait 10 choses différentes que nous pourrions faire sous la rubrique « ralentir et écouter ». Ce n’est donc pas nécessairement juste avoir une conversation, littéralement, mais oui, il s’agit de cette première impulsion de faire disparaître le problème, barre oblique, de le régler, par opposition à : pouvons-nous comprendre ce qui se passe ici? Parce que nous pourrions régler ça de 10 façons, dont neuf sur 10 ne sont pas vraiment utiles à cette personne, n’est-ce pas?

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Nous avons parlé la dernière fois du fait que j’aimais beaucoup votre deuxième titre, le sous-titre de votre livre, qui est « how science and kindness help people change », comment la science et la bienveillance aident les gens à changer. Vous avez fait allusion plus tôt aux éléments fondés sur des données probantes. C’est la partie science. Et maintenant, vous arrivez à la partie bienveillance : il s’agit donc d’écouter les gens et de leur donner l’espace pour expliquer les choses, plutôt que d’intervenir pour leur dire quoi faire et les réparer.

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Oui, et c’est drôle, parce que la science et la bienveillance commencent à ne faire qu’un, puisqu’il s’avère que la bienveillance est une idée fondée sur des données probantes, et qu’écouter quelqu’un est une chose bienveillante à faire, et qu’écouter quelqu’un est probablement la chose la plus motivante que nous puissions faire. Et lorsqu’il est question de problèmes de consommation de substances, essayer d’aider à accroître la motivation au changement est probablement la chose la plus importante qui va se produire. Alors, est-ce que j’ai des façons d’aborder ça? Et il s’avère que oui, j’ai des façons d’aborder ça qui sont fondées sur des données probantes, c’est-à-dire qu’elles ont plus de chances de fonctionner qu’autre chose. Écouter, susciter de l’information, plutôt que confronter et exiger le changement, c’est une idée fondée sur des données probantes, n’est-ce pas? Écouter, entendre ce que vous avez à dire et essayer de comprendre d’où vous venez correspondrait probablement aussi à la définition que la plupart des gens ont de la bienveillance envers un autre être humain, n’est-ce pas? C’est ainsi que la plupart d’entre nous l’ont vécu dans leurs interactions avec un autre être humain. « Ce gars-là m’écoute vraiment. Wow, c’était vraiment quelque chose. » Ou : « Ce gars-là est arrivé et s’est mis à me dire, vous savez, ce que je devais faire, et à quel point c’était n’importe quoi de faire ce que je faisais. » Tout ça, ce n’est pas très bienveillant,

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n’est-ce pas? Et donc, la prochaine fois que vous voyez cette personne, entre celle qui vous a écouté et celle qui vous criait après, laquelle êtes-vous le plus susceptible d’aller voir de nouveau pour parler, si vous avez le choix? C’est bien ça?

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et si on parle d’un problème qui va prendre un certain temps avant de commencer à bouger et à évoluer de façon positive, en quelque sorte, la chose la plus importante que je puisse espérer, c’est de pouvoir vous aider à vouloir en parler. À vouloir vous impliquer. À accroître votre motivation à avancer d’une façon ou d’une autre sur cette question, plutôt que de vous fermer, de vous amener à essayer de m’éviter, moi et ce sujet. Vous savez, c’est un chemin très facile à prendre, ce deuxième chemin.

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Et donc le modèle que vous utilisez s’appelle le modèle Invitation to Change (invitation au changement). Je suppose donc que si vous invitez quelqu’un à changer, et que vous le faites de façon bienveillante et détendue plutôt qu’en lui criant après et en lui disant quoi faire, vous aurez de meilleures chances de réussir. Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur ce modèle Invitation to Change? Bien sûr, c’est quelque chose

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que nous avons élaboré au cours des dernières années en travaillant avec des centaines, et maintenant en fait des milliers de familles. Et ça a commencé avec des idées fondées sur des données probantes issues de l’Université du Nouveau-Mexique, d’un certain Bob Meyers, une approche appelée CRAFT, ce qui ne veut rien dire pour personne en dehors du domaine de la santé mentale : Community Reinforcement and Family Training. Encore une fois, les mots ne veulent rien dire, mais ce que ça signifie, c’est : comment pouvons-nous vous aider à vous bâtir une vie qui ferait concurrence aux substances et qui aurait un sens pour vous? Comment, en tant que membre de la famille, puis-je interagir avec vous de façon à ne pas vous pousser dans la clandestinité, mais plutôt à vous aider à avancer? Nous y avons ajouté un tas d’outils, un tas d’outils dont certaines personnes ici auront entendu parler, tirés de l’entretien motivationnel, qui est une approche assez répandue, un ensemble d’idées sur l’écoute et les échanges verbaux avec les gens, qui sont très puissantes et assez simples. Et puis, par-dessus ces deux-là, un nouvel ensemble d’idées tirées de ce qu’on appelle la thérapie d’acceptation et d’engagement, ou ACT, qui est un ensemble d’idées sur le rôle d’aidant, par exemple en tant que membre de la famille. Comment est-ce que je tiens le coup? Comment est-ce que je décide de rester en lien, même si c’est douloureux? La douleur de faire face à cette situation veut-elle dire que je dois ficher le camp ou vous forcer à changer? Ou est-ce que je peux tenir le coup, rester en lien et continuer d’avancer de façon positive, même si c’est frustrant et douloureux? Il y a donc un certain nombre d’outils dans cette approche. Mais comme vous l’avez dit, l’invitation fait partie du titre de toute l’approche. Et c’est vraiment ce dont on parlait tout à l’heure : comment est-ce que je comprends votre comportement? Est-ce que je peux partir de l’hypothèse que votre comportement a du sens, qu’il sert à quelque chose? Les gens ne répètent pas un comportement encore et encore à moins qu’il ne leur apporte quelque chose. Nous utilisons la métaphore du rond de poêle brûlant. Les gens ne mettent pas la main sur un rond de poêle brûlant plus d’une fois, parce que ça ne leur apporte rien, mais ils prennent de l’héroïne, boivent ou fument beaucoup de marijuana parce que ça leur apporte quelque chose. Encore une fois, je n’aime peut-être pas ce que ça leur apporte, et j’ai peut-être l’impression que ça détruit d’autres aspects de leur fonctionnement, et ainsi de suite, mais ça leur apporte quand même quelque chose. Donc si je peux arriver non pas avec l’approche « il faut que tu arrêtes ça, point », mais avec la perspective « je comprends pourquoi ça se produit », ou « j’aimerais savoir pourquoi ça se produit; je ne suis pas ici pour te l’arracher à force d’arguments et pour soutenir que c’est ridicule, je veux simplement comprendre », c’est en fait une façon très compatissante et bienveillante d’interagir avec une autre personne, une façon respectueuse qui a le plus de chances de la garder dans le jeu avec vous et de l’amener à envisager le changement au lieu de partir. D’accord.

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Et dans un contexte familial, on pourrait penser que les gens de la famille figurent probablement en tête de liste, pour chaque personne, parmi ceux qui sont prêts à faire ça et à offrir ce lien. Et vous parlez des membres de la famille comme de véritables aidants qui font partie de la solution, et de l’importance de ça : est-ce que la plupart des gens laissés à eux-mêmes, qui vivent ça seuls, ont plus de difficulté que lorsque la famille est là pour les soutenir?

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Oui, et nous savons que les familles sont l’un des plus puissants facteurs de motivation pour les gens. Nous savons aussi que les familles sont l’une des voix les plus négligées dans toute cette équation. Et encore une fois, le rôle unique que vous avez tous, celui de pouvoir reconnaître la famille, reconnaître à quel point c’est difficile et reconnaître l’importance de son rôle dans ce processus de changement possible, est très puissant pour elle. L’inclusion de la famille dans n’importe quel processus de changement lié aux substances est incroyablement… c’est INCROYABLEMENT NÉGLIGÉ, et les familles ne font tout simplement pas partie de l’équation. On leur dit d’aller à des réunions comme celles d’Al-Anon et de se détacher. On leur dit qu’elles sont « facilitatrices » et codépendantes. Et toutes ces étiquettes sont simplement devenues des étiquettes vraiment stigmatisantes pour les membres de la famille, ce qui fait qu’ils ne veulent plus s’impliquer, parce que tout ça reste un gros gâchis dont on les blâme aussi.

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D’accord. Donc vous dites que la famille est une ressource sous-utilisée, et qu’une bonne partie des approches traditionnelles dont on entend parler fait en fait fuir des gens qui sont peut-être parmi les plus importants pour aider à provoquer le changement ou à inviter la personne à changer.

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Incroyablement bien dit, oui, c’est probablement notre ressource la plus puissante, ne serait-ce que parce qu’ils n’abandonneront jamais et qu’ils seront toujours là. Alors, ma foi, si je devais embaucher une équipe pour m’aider dans ce travail, ce serait celle-là, si on la définissait ainsi : ils n’abandonneront jamais, ils ne lâcheront jamais. Très motivés, c’est un bon

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groupe. Donc, vous savez, on parle d’invitation au changement pour la personne qui souffre de la dépendance. Mais je pense qu’il y a une autre invitation ici, c’est l’invitation aux autres membres de la famille à prendre certains de ces rôles. Et en parcourant ce livre, ils ont toutes sortes d’outils et d’idées pour les aider à trouver comment faire ça. Oui, en effet.

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Et il y a l’autre partie du modèle : en plus de comprendre la personne qui est en difficulté, il s’agit d’accroître votre conscience de vous-même. Ce n’est donc pas un modèle qui dit simplement comment aider cette autre personne. Il dit qu’une grande partie de la façon d’aider une autre personne, c’est de s’aider soi-même, de s’inclure dans ce processus, d’en faire partie, d’être conscient de soi et respectueux de soi aussi, et qu’on n’a pas besoin de se détacher et de partir comme seul moyen de prendre soin de soi. C’est ça, le message culturel : il faut prendre ses distances, il faut prendre soin de soi. Ce n’est en fait pas vrai. Vous pouvez ne pas prendre vos distances. Vous pouvez rester en lien tout en prenant soin de vous et en ayant de la compassion pour vous-même dans ce processus. Et la plupart des membres de la famille ne veulent pas vraiment prendre leurs distances. Ce message n’a aucun sens pour eux. Genre : « J’aime cette personne. Elle me rend fou, mais je l’aime, et j’aimerais l’aider. Alors pourquoi voudrais-je prendre mes distances? Pourquoi voudrais-je faire preuve d’amour vache, la mettre dehors et toutes ces choses-là? » Non seulement ça ne fonctionne pas, mais ce n’est pas ce que j’ai envie de faire. C’est un ensemble de stratégies qui les aident à rester en lien de cette façon, avec leur proche et avec eux-mêmes. Et ça comprend un tas de stratégies de communication, comment avoir des conversations sans se mettre sur la défensive, ce genre de choses, qui sont des outils très pratiques. Mais je pense que c’est vraiment ancré dans la question : est-ce que je peux comprendre cette autre personne, et est-ce que je peux me comprendre moi-même comme faisant partie de ce processus? Alors quand,

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quand je parcourais le livre, à un moment donné, je me suis mis à penser : ce n’est pas seulement une question de dépendance. Je veux dire, c’est un livre sur la communication familiale, sur le rôle d’aidant, et même s’il n’y a pas de dépendance, je pensais à des familles que je connais où, vous savez, s’il y a une brouille ou une distance entre une mère et l’un de ses enfants, et qu’elle se demande avec difficulté : « Comment est-ce que je peux essayer d’obtenir, vous savez, une réponse à mes textos ou à mes appels? » Même en l’absence de dépendance, certaines des idées du livre sont vraiment très bonnes.

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Oui, non, je suis d’accord. Je veux dire, Beyond Addiction, c’est celui que nous avons écrit il y a 11 ans, qui s’adressait aux familles, avec des discussions beaucoup plus approfondies sur ce qu’est ce phénomène des difficultés liées aux substances que vivent les gens, vous savez, sur le plan neurologique et sur le plan de la motivation, et sur la façon dont les gens le comprennent, historiquement et aujourd’hui, et ainsi de suite, et aussi sur le système de traitement : comment accéder à un traitement, ce qu’est un bon traitement et ce qu’est un traitement moins bon. C’était donc une sorte de guide pour s’y retrouver, de façon fondée sur des données probantes. Celui que nous avons écrit et qui est sorti il y a deux ans, le Beyond Addiction Workbook, correspond vraiment davantage à ce que vous dites : c’est un ensemble plus petit et plus concis d’idées et d’exercices autour des outils pratiques, des pratiques, etc., d’Invitation to Change, ou de la façon de mettre en œuvre ces stratégies avec quelqu’un qu’on essaie d’aider. C’est essentiellement comment être un meilleur aidant. Et comme vous l’avez dit, ça n’a pas besoin de porter précisément sur des problèmes de substances. Ça pourrait être « j’essaie d’aider mon fils à composer avec l’intimidation à l’école secondaire », ou peu importe ce que j’essaie de faire, « je réfléchis à trouver un nouvel emploi et à ce qui arrive quand on fait ça ». Vous savez, ces idées peuvent nous être utiles pour toutes sortes de processus de changement.

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Donc c’est pour toute situation où des membres d’une famille veulent s’entraider et ne savent peut-être pas trop comment, ou ça peut leur donner des façons de, s’ils ont essayé quelque chose et que ça n’a pas marché, ça va leur donner d’autres idées de ce que, de ce qu’ils peuvent essayer et

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rester. Oui, oui, exactement. Et encore une fois, d’une manière plus bienveillante et fondée sur des données probantes. Ces deux choses comptent. Vous savez, le fait d’apporter de la compassion aide la pilule à passer, aide le processus de changement à se faire. Et les idées fondées sur des données probantes, c’est comme : oui, ce n’est pas, vous n’êtes pas juste en train d’inventer des choses. Ce sont des stratégies qui fonctionnent réellement. Vous savez, pour vraiment aider quelqu’un à s’ouvrir, ou à ne pas être sur la défensive, ou à considérer les choses de façon plus réaliste; ces choses comptent vraiment quand on essaie d’aider une famille, vous savez, à s’aider elle-même à traverser ces situations. Donc

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entre 2014, quand le premier livre est sorti, et le cahier d’exercices en 2022, avez-vous vu beaucoup d’évolution dans les traitements offerts, ou dans ce que les gens essaient, et est-ce que la science a progressé aussi? J’aimerais

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pouvoir dire que, dans le domaine du traitement, j’ai vu beaucoup de changement, mais je ne dirais pas la vérité si je ne disais pas que c’est graduel. Ce sont de petits changements. Je me souviens d’avoir assisté à une conférence au milieu des années 90 où un chercheur très, très chevronné disait : ne désespérez pas. Vous savez, le changement est en marche. Il y a eu tellement de changement depuis que je suis dans le domaine, et cette personne était dans le domaine depuis, vous savez, 1975. Je pense malheureusement que ce processus de changement a été lent au fil de toutes ces années. Et, je veux dire, je pense quand même qu’une partie de, nous sommes sur le point de publier une édition révisée du premier livre, Beyond Addiction, qui sort dans les deux prochains mois. Et nous l’avons révisé de façon à inclure des idées sur des choses comme la surdose, qui est devenue un problème énorme à cause du fentanyl, et quelques idées à ce sujet, l’idée des troubles concomitants. Donc si vous essayez en quelque sorte d’aider une famille et qu’elle essaie de comprendre ce qui se passe avec son proche, si vous vous adressez à des fournisseurs de traitement de la dépendance, souvent, ce que vous obtiendrez, c’est une seule version de la réalité, c’est-à-dire : oui, c’est une dépendance, et une fois qu’elle aura disparu, tout ira bien. Et pour la plupart des gens, ce, ce n’est pas vrai : la concomitance d’autres problèmes psychiatriques ayant de très, très grandes répercussions est très élevée chez les personnes aux prises avec un problème de consommation de substances. Ça ne veut pas dire tout le monde, mais ça veut dire qu’il est très probable que nous trouvions une dépression assez importante ou une forme de trouble anxieux, comme le trouble obsessionnel-compulsif, ou bien la prévalence d’un TSPT manifeste se situe, vous savez, dans cette zone de 40 %, et c’est là que les gens commencent à écouter. Ce sont donc d’autres difficultés psychiatriques qui bouleversent la vie des gens et qui ne concernent pas seulement le fait de boire. Nous essayons donc d’en parler beaucoup, parce qu’en être conscient est vraiment important, encore une fois, pour voir la personne comme une personne entière, ce qui va lui donner davantage envie de changer. Si on me voit comme une personne entière, et pas seulement comme cette chose, cette case dans laquelle vous me mettez parce que je suis un ivrogne ou un toxicomane, ou je ne sais quoi, genre : je bois trop, et j’ai une très grave dépression, et je, vous savez, et est-ce qu’on peut, est-ce qu’on peut mettre tout ça sur la table? Parce qu’il se trouve que je suis en fait un être humain.

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Je pense justement au mot humaniser la chose, n’est-ce pas? Plutôt que d’en faire « c’est ta faute, tu dois changer », ce qui est si souvent la première réaction, oui. Et j’imagine que dans certaines familles, vous savez, différents membres de la famille réagiraient différemment. Disons que papa pourrait dire « tu dois changer, sinon… », et maman pourrait avoir une attitude très différente. Et comment pouvons-nous aider à faire plus de place à des points de vue différents, un peu plus humains et bienveillants, qui ont en fait probablement de bien meilleures chances de réussite?

28:57
Oui, et dans votre rôle, je veux dire, ça dépend personnellement de, je suis sûr que vous avez, vous avez tous de nombreux types de relations différents avec différents types de familles aussi, n’est-ce pas? Donc là non plus, il n’y a pas de solution universelle. Mais dans la mesure où vous êtes en mesure d’avoir une sorte de voix modératrice au sein de cette famille pour dire : vous savez quoi? On peut reconnaître que papa a un point de vue et que maman en a un autre, et c’est tout à fait logique. C’est vraiment effrayant, et vous savez, le gars d’à côté est mort d’une surdose l’an dernier, et vous êtes terrifié à l’idée que votre fils fasse de même, et en plus, il jette cet argent par les fenêtres, bla-bla-bla, toutes ces choses qui provoquent de fortes réactions. On peut valider que c’est ce qui se passe, par l’entremise d’un rôle de conseiller de confiance, vous savez, n’est-ce pas? Et cela peut permettre aux gens de reprendre leur souffle, de faire une pause, de prendre du recul et de se dire : d’accord, pouvons-nous prendre des mesures raisonnables plutôt que des mesures réactives ici,

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ce qui nous ramène à ce que vous disiez. Ralentir les choses. Les aider. Ralentir les choses. Les aider à poser plus de questions, plutôt que de passer directement en mode réparation, n’est-ce pas,

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c’est ça. On vient d’apprendre qu’il a été arrêté pour conduite avec facultés affaiblies, et il faut le faire entrer en désintox demain. Qu’est-ce que vous pouvez? Pouvez-vous nous trouver un endroit? Oui, d’accord, alors dans votre rôle de conseiller, vous pourriez avoir l’impression de ne pas avoir beaucoup de marge de manœuvre et de devoir vous plier à leurs demandes. D’accord, une autre version de ça serait : vous savez quoi, pourrions-nous faire une consultation avec un expert et obtenir son avis sur ce qui serait, parce que vous voulez l’envoyer en désintox parce que c’est ce que dit le Dr Phil, n’est-ce pas? Et on finit par découvrir que ce n’est pas utile, beaucoup de conseils inutiles entrent en jeu. Et est-ce qu’on peut, est-ce qu’on peut réfléchir à quelques solutions de rechange et à quelques solutions ici qui ne soient pas seulement réactives et universelles? Nous pourrions dire, au bout du compte : oui, essayons la désintox. Ce pourrait être une bonne voie, mais c’est une voie parmi dix. D’accord, il n’y a pas une seule réponse à ces choses,

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d’accord. Jeff, ça a été très instructif et très utile, j’en suis sûr. Et malheureusement, nous devons commencer à conclure maintenant. Alors, comme d’habitude, nous avons deux dernières demandes pour tous nos invités avant de terminer. La première, c’est de bien vouloir nous recommander un livre, et la deuxième, c’est un conseil de la part de quelqu’un qui travaille avec des familles, à l’intention des autres qui travaillent avec des familles et des familles elles-mêmes. Alors, pouvons-nous commencer par une recommandation de livre? Bien sûr,

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à part nos fabuleux livres, vous voulez dire? Je vais vous en donner deux. Le premier est un livre. C’est un tout petit livre mince, donc c’est le genre de chose qu’on peut glisser à une famille en disant : c’est une lecture très rapide. Ça va vraiment vous aider. C’est un livre intitulé The Art of Empathic Understanding. En fait, désolé, c’est le sous-titre. Le titre est Listening Well. Bon, d’accord, et il est de William Miller, paru en 2018. Il est l’un des inventeurs de l’idée de l’entretien motivationnel, de toute cette approche, d’accord, brillant, concis. Ce gars-là écrit sur le sujet depuis 40 ans, et c’est le genre de chose qu’on peut remettre à un membre de la famille, et il peut le lire en une soirée et se dire : d’accord, je vais essayer ça. C’est utile. C’est une nouvelle façon d’écouter et de parler

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Super. Excellent. Et vous avez un autre livre, si on parle de la façon de s’y retrouver dans

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le système de traitement de l’abus de substances, et que vous essayez de comprendre tout ça par vous-même en tant que conseiller et que vous voulez simplement en apprendre davantage. Je pense vraiment que Beyond Addiction est un excellent livre pour ça. Mais il y a un autre livre écrit par une collègue : Inside Rehab, c’est le titre du livre, écrit par une femme nommée Ann Fletcher. C’est simplement une analyse de l’industrie du traitement, un peu cinglante envers l’industrie du traitement, mais qui offre aussi beaucoup de conseils sur les questions que les familles peuvent poser aux fournisseurs de traitement, et ce genre de choses. Donc je pense que ça donne beaucoup de pouvoir aux membres de la famille de cette façon. D’accord,

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excellent. Merci pour ces suggestions, nous mettrons des liens vers ces livres dans les notes de l’épisode, ainsi que vers les deux livres dont vous êtes l’auteur. Dernière chose, alors : un seul conseil que vous pouvez nous laisser, en tant que personne qui travaille avec des familles, à l’intention des autres qui travaillent aussi avec des familles et des familles elles-mêmes. J’avais un

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conseil en tête. Je le remplace par un autre conseil qui vient de me venir à l’esprit, et qui porte vraiment sur toute cette idée de stigmatisation et de bienveillance : la stigmatisation est une voie très, très peu bienveillante au-delà de sa propre tête. Elle est aussi très, très compréhensible quand il s’agit de sujets qui nous font peur. Pour la plupart d’entre nous, tout ce qui touche aux problèmes liés aux substances est, pour la plupart des familles qui vont venir vous voir à ce sujet, elles ont peur, elles sont bouleversées et en colère, et elles vont vouloir des réponses, des réponses tranchées, et c’est ça, la stigmatisation : un ensemble de réponses tranchées qui mettent tout le monde dans la même case. Alors aidez-vous simplement à vous rappeler que cette difficulté est fortement stigmatisée dans les cultures où nous vivons, et que vous n’êtes pas obligé d’adhérer à cette idée. Ce sont simplement des gens qui ont du mal à trouver comment mener leur vie, et il se trouve qu’ils ont pris une voie qui fonctionne plus ou moins pour eux, c’est-à-dire : je bois beaucoup, ou je fume beaucoup de pot, et c’est tout ce que c’est. Et parfois c’est mortel, et parfois ça ne l’est pas, la plupart du temps ça ne l’est pas, mais c’est simplement un comportement humain, vous savez. Et aider une famille avec ça, et nous aider nous-mêmes avec ça, c’est faire preuve de compassion, et c’est une façon beaucoup plus utile de cheminer sur cette voie.

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Magnifique. Le mot compassion me venait, me venait sur le bout de la langue au moment même où vous, vous le disiez. Dr Jeffrey Foote, merci encore de vous être joint à nous et d’avoir partagé vos points de vue, votre expertise et vos réflexions avec notre auditoire. Chers auditeurs, si vous n’êtes pas déjà abonnés, faites-le pour ne jamais manquer aucun de ces épisodes mensuels. Merci encore d’avoir été avec nous. Je suis Steve Legler, à la prochaine,

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si vous avez aimé l’épisode d’aujourd’hui, vous pouvez vous abonner sur Spotify, Apple Podcasts ou toute autre application de balados, et n’oubliez pas de partager cet épisode avec votre famille, vos amis et vos collègues. You S.

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