Hier, je suis allé à des funérailles. Comme la plupart des gens, je n’aime vraiment pas aller à des funérailles, et il y a encore moins de gens, c’est certain, qui ont hâte d’y aller. Mais elles me font toujours réfléchir, souvent à des sujets auxquels on ne pense pas aussi souvent qu’on le devrait.
Des funérailles réunissent tellement de gens issus de tant de sphères différentes de la vie de la personne, et même là, la foule rassemblée ne représente probablement qu’une petite partie des gens dont elle a touché la vie d’une façon ou d’une autre.
Celles auxquelles j’ai assisté hier étaient un peu différentes pour moi, en ce sens que je n’ai pas vu un seul visage familier, et que personne sur place ne me connaissait non plus. D’une certaine façon, c’était plus facile, puisque les larmes dont j’ai été témoin étaient toutes celles d’inconnus. Mais c’était aussi plus difficile, car je vivais ma peine seul.
J’ai déjà assisté aux funérailles de personnes que je n’avais jamais rencontrées, le plus souvent des membres de la famille d’amis ou de connaissances, où ma présence était une marque de respect envers la personne que je connaissais et qui avait perdu un être cher. Mais hier, c’était le contraire. L’homme qui est décédé, « Stan », était le seul que je connaissais. Je connaissais un peu sa famille, mais je ne l’avais jamais rencontrée.
Stan était un associé d’affaires que je connaissais depuis plusieurs années, et nous avions travaillé ensemble à quelques occasions très importantes. J’aimais Stan en tant que personne et je le respectais en tant qu’homme d’affaires. Le fait que nous nous étions parlé récemment et que nous avions prévu de dîner ensemble bientôt rendait son décès encore plus difficile à accepter.
Nos chemins s’étaient croisés à plusieurs reprises et il restait toujours en contact. Quand je voyais son nom sur mon afficheur, je répondais toujours avec le sourire aux lèvres, et dans la voix. Quand on se voyait en personne, c’était aussi avec des sourires réciproques et une poignée de main ferme.
Alors, assis dans la chapelle à écouter les paroles et les hymnes, je me suis mis à me demander ce qui faisait que j’appréciais la compagnie de Stan et que je le respectais en tant que personne. Et il ne faut pas s’étonner que les choses qui me sont venues à l’esprit étaient à peu près toutes des choses que nous avons en commun.
Stan faisait les choses autrement. Il n’était pas « un _______ comme les autres ». Il avait beaucoup d’atouts et ne voyait pas les choses comme la plupart des gens. Il ne ressentait pas le besoin d’être exactement comme tout le monde, même quand rentrer dans le moule lui aurait facilité la vie.
Il était intelligent et têtu, mais dans le bon sens, en ce qui me concerne. Il a gagné mon respect parce que je savais que, lorsqu’il me représentait, c’était d’abord mes intérêts qui le préoccupaient. J’adorais ça chez Stan. Mais malheureusement, cela faisait de lui une exception. Je crois sincèrement que le monde serait meilleur s’il y avait plus de gens comme Stan.
La nièce de Stan a commencé l’éloge funèbre en lisant un texte écrit par son père, le frère cadet de Stan. Rien qu’à le voir de loin, on comprenait clairement pourquoi il avait demandé à sa fille de parler à sa place. Nous avons tous entendu leurs beaux souvenirs d’enfance et quelques-unes de ces histoires cocasses qui font toujours des merveilles pour alléger l’atmosphère lors de ces événements autrement tristes.
La fille de Stan a pris la parole ensuite. Elle a courageusement retenu ses larmes en racontant à quel point il avait été un père extraordinaire et combien son frère et elle l’admiraient. Je n’avais jamais rencontré les enfants de Stan, mais l’ayant connu, il n’était pas difficile de voir qu’ils étaient bien de son sang.
J’espère que ce qu’ils ont appris de lui les accompagnera longtemps. Regardez autour de vous ceux que vous laisserez derrière vous un jour, dans trèèès longtemps, on l’espère. Ne tenez rien pour acquis. Et n’ayez pas peur de faire les choses à votre façon.